Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/623

Cette page n’a pas encore été corrigée


F. PAULHAN. — LE SENS COMMUN 613

substance grise corticale est accompagnée d'une série d'autres phé- nomènes constamment liés aux premiers et qui sont sous leur dépen- dance, c'est la série des phénomènes mentaux : les phénomènes de la sensibilité accompagnent la mise en activité des petites cellules de la substance corticale, les phénomènes de l'intelligence accom- pagnent la mise en activité des cellules moyennes, les phénomènes de la volition accompagnent la mise en activité des grosses cellules.

Il est évident, pour quiconque admet cette théorie, que des orga- nismes semblables placés dans des milieux identiques recevront des incitations semblables, et à la suite de ces incitations, réagiront tous de la même manière, c'est-à-dire accompliront les mêmes actes. — Les processus physiologiques seront entièrement semblables du commencement à la fin, puisque toutes les conditions dans lesquelles ils se produisent, seront pareilles. Il est vrai aussi, puisque les phénomènes mentaux sont toujours, chez les êtres doués de cons- cience, sous la dépendance des phénomènes physiologiques et sont intimement liés à ceux-ci, que des processus mentaux semblables accompagneront des processus physiologiques identiques.

Il résulte de là, que si tous les hommes étaient parfaitement sem- blables entre eux dans toutes les parties de leur corps, et s'ils étaient placés dans des conditions d'existence identiques, les incitations extérieures seraient les mêmes pour tous, les processus physiolo- giques s'accompliraient chez eux tous de la même manière, ils com- mettraient les mêmes actions; chez eux tous enfin, les phénomènes de sensibilité, d'intelligence et de volonté seraient parfaitement semblables.

Il n'en est pas ainsi : il n'existe pas deux hommes dont la confor- mation soit complètement identique ; il n'existe pas deux hommes dont les conditions d'existence soient absolument les mêmes ; on ne saurait trouver, par suite, deux hommes qui aient entièrement les mêmes sensations, les mêmes sentiments, les mêmes idées, la même volonté. Mais si les hommes diffèrent tous en quelque chose les uns des autres, ils ont aussi entre eux de nombreux points de ressemblance : tous les organes sont faits à peu près de la même manière, et sont semblablement disposés chez tous les hommes ; de même, les conditions d'existence de tous les hommes sont sem- blables sur beaucoup de points, ils sont tous soumis aux mêmes nécessités physiques, tous ou presque tous vivent dans des maisons, presque tous sont mêlés à la vie de famille, à la vie sociale, etc., etc. ; enfin les conditions d'existence les plus différentes se ressemblent toujours par beaucoup de côtés.

Nous remarquerons ici que les ressemblances dans les organismes

�� �