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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/483

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Charles RICHET. — LA DOULEUR 473

et l'intensité des excitations étaient dans le même rapport que pour les centres nerveux sensitifs, en sorte qu'aux tracés obtenus par le moyen du muscle, répondraient des tracés analogues ob- tenus avec la perception, si celle-ci pouvait se traduire par une forme graphique.

Pour prendre une comparaison vulgaire, la transmission de l'exci- tation dans le nerf ressemble au courant électrique qui passe dans un fil de métal, tandis que l'excitation des centres provoque une sorte d'ébranlement analogue à la vibration d'une cloche qui con- tinue à résonner, longtemps après qu'elle a été frappée.

��Fig. 3.

Ramenons cette explication à la formule donnée plus haut S = F — F'. Il se peut très-bien que si nous prenons une somme m de forces F agissant pendant un temps très-petit, quoique F soit infé- rieur à F', il y ait sensation ; et nous aurons F < F', mais m F > F'. Si nous supposons que le temps t est le temps pendant lequel l'addition nerveuse peut se faire, nous aurons la formule suivante :

S = ™ F - F'

Il est clair que cette formule n'est autre chose que l'expression d'un fait et ne doit pas être prise dans un sens mathématique rigou- reux. D'abord, il est évident que la résistance des centres nerveux à l'excitabilité est assez variable, et par conséquent F' est loin d'être une force constante même chez un seul individu, à des moments assez rapprochés.

En second lieu, ce n'est pas une simple addition, une somme m de forces, car les forces F, pendant le temps t, ne restent pas constantes, mais vont en décroissant depuis [le commencement jusqu'à la fin du temps t .

Quoi qu'il en soit, il reste prouvé qu'il y a entre la contraction musculaire et l'action cérébrale une analogie incontestable. Dans le tome iv. — 1877. 31

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