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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/473

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Charles RICHET. — LA DOULEUR 463

leur. Elles coïncident avec la douleur, mais ne sont pas produites par elle; d'une part, en effet, si on supprime les centres céré- braux, ces réflexes n'en persistent pas moins; d'autre part, ils se produisent avec des excitations faibles, non douloureuses, aussi bien qu'avec des excitations intenses, pendant l'anesthésie même complète.

L'excitation forte d'un nerf de sensibilité semble donc avoir deux résultats : d'une part, elle va dans le cerveau produire une sensation de douleur; d'autre part, s'irradiant dans la moelle et le bulbe, elle se réfléchit sur les organes délicats et impressionnables, tels que le cœur et l'iris.

Nous pouvons donc en dernière analyse admettre ces deux points :

2° La douleur provoque des mouvements instinctifs et coordon- nés, analogues aux mouvements de défense, caractérisés par le cri, la contraction des muscles de la face, et une flexion générale du corps. Ce sont des actions réflexes qu'on pourrait appeler volon- taires.

3° La douleur coïncide avec Varrêt du cœur, la dilatation de Viris, V abaissement de la pression artérielle; mais ce n'est pas la douleur qui provoque les actions réflexes : elles sont simplement simultanées, et produites par la même cause.

��II

De la cause et des caractères physiologiques de la douleur.

Un grand nombre de philosophes ont recherché dans des raisons métaphysiques la cause de la douleur; il semble cependant que l'étude physiologique de ce phénomène soit plus accessible, plus solide et plus profitable. J'ai fait sur ce sujet un certain nombre d'ob- servations et d'expériences, et je vais essayer de les exposer métho- diquement :

D'abord, entre une perception sensitive et une sensation doulou- reuse, il y a une série de gradations insensibles, en sorte qu'il n'est pas possihle de distinguer une perception sensitive forte, d'une sen- sation douloureuse faible.

Prenons quelques exemples : si on met la main dans de l'eau à 40 degrés, c'est une perception sensitive, quelques degrés de plus, la perception commence à devenir désagréable, et à 60 degrés elle est nettementjdouloureuse.

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