Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/460

Cette page n’a pas encore été corrigée


450 REVUE PHILOSOPHIQUE

liberté et la nécessité ne sont pas contradictoires ; que la plus haute raison est aussi la liberté la plus parfaite; et que la nécessité logique, comme la nécessité morale, ne sont que des expressions différentes de la raison. Le second volume contient une analyse particulièrement intéressante des idées de matière et de force. Wigand croit, à la suite de Kant, que l'essence de la matière et de la force nous est inacces- sible. A Dubois-Reymond, qui soutient que dans le monde du pur méca- nisme tout est parfaitement explicable, il répond que les qualités de la matière, que l'attraction, la cristallisation, par exemple, nous sont incompréhensibles. Mais on pourrait reprocher à Wigand de s'en tenir trop étroitement au subjectivisme de Kant. — Dans le troisième volume, Wigand examine les doctrines des nombreux partisans de Darwin, sur- tout celles de Wallace, de Nâgeli, de Sachs, d'Hofmeister, de Moritz Wagner, de Weismann, de Kerner, de Lubbock, de Virchow, de Preyer, de Fechner, de Hartmann, de Lange, de Bischoff, de Vogt, de Haeckel, de His et de Semper. Il n'y a pas, à vraiment parler, d'école Darwi- nienne. « C'est la guerre de tous contre tous, » qui se présente au re- gard de l'observateur. En fait, les Darwiniens ne sont d'accord que pour affirmer que l'homme dérive du singe, et que le monde est le pro- duit de l'évolution. Ils ne s'entendent plus sur le point de savoir si l'évolution est ou n'est pas une vérité d'expérience. Ainsi Virchow re- connaît que la descendance simienne « n'est pas une vérité démontrée, « mais un postulat logique et moral; » ou encore : que les faits parais- sent démontrer c l'invariabilité des espèces, mais que la philosophie « de la nature exige qu'elles varient. j> N'est-ce pas, comme du temps de Schelling et de Hegel, substituer aux. faits les hypothèses « à priori? >

Nous ne croyons pas nécessaire de signaler au lecteur les exagé- rations de certaines assertions de Wigand et de Weiss. La critique du Darwinisme, qu'a donnée M. de Hartmann, nous paraîfbien supérieure à celle que nous venons d'analyser, pour la mesure, le sens philoso- phique et même la critique scientifique.

— Kant et Newton, par Conrad Dieterich. (Tubingue. Laup, 1876).

Dieterich se propose , dans ce livre, de montrer le lien des recher- ches scientifiques et des études métaphysiques de Kant, et de déter- miner ce que ce dernier doit à Newton. Un second ouvrage, que le même auteur nous promet, mettra en lumière le rapport des études historiques et de la doctrine morale de Kant, et suivra le développement de sa phi- losophie pratique sous l'influence de la philosophie de l'histoire de Rousseau. Voici la conclusion du présent travail de Dieterich : « Les « premiers germes et les principes solides de la philosophie de Kant « se trouvent dans cette conception de la nature, dont le génie du phi- « losophe allemand doit les premières inspirations au génie du grand « physicien anglais. Si Kant est redevable à l'esprit de sa race et au

sien, et aussi à l'action tantôt positive, tantôt négative de Rousseau, « de cette conception du monde moral, dont il a assuré l'empire sur o la conscience de son peuple par l'ascendant de sa personnalité : c'est

�� �