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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/360

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santé. Voilà sur quoi il faut insister. Sans doute les signes locaux naissent de mouvements nerveux quelconques, provoqués dans les points où se produit l'excitation, ils ne consistent cependant pas dans ces mouvements physiques, mais dans des affections psycho- logiques qui en dérivent et sont déjà toutes formées.

Quant à l'origine des signes locaux, il n'est pas difficile d'en conce- voir une idée générale. La substance nerveuse ne nous offre pas, dans les différents nerfs, des différences assignables de composition chimique; peut-être diffère- 1- elle davantage par la structure de ses éléments primitifs; mais c'est encore un problème à résoudre. Tou- tefois les filets nerveux, disposés ensemble dans le même organe sensitif pour recevoir des impulsions de même genre, peuvent être considérés comme assez semblables l'un à l'autre, pour qu'une impulîion, p ou q, cause dans chacun d'eux le même mouvement physique qui déterminera la même sensation, n oux. Cette ressem- blance cependant ne va pas jusqu'à l'identité; non-seulement par sa propre structure, mais encore plus par ses relations dans l'espace avec les éléments environnants, un point A peut différer d'un autre point B, et modifier, par conséquent, le mouvement qui lui est imprimé par la même excitation. Ainsi, chaque sensation, produite par une impulsion p ou q, peut être regardée comme la résultante de deux composantes, dont l'une, la sensation % ou x, dépend de la nature de l'impulsion pou q et change avec elle, dont l'autre corres- pond à la structure spéciale du point excité et n'est autre chose que le signe local, ou bien ce mouvement nerveux particulier, qui pro- duira dans notre perception la couleur spéciale, a ou p, s'ajoutant à la sensation, m ou x, pour en former le vrai signe local. En réalité, ces deux composantes ne constituent qu'un mouvement total du nerf excité; mais la perception, grâce à une aptitude remarquable, les distingue sans parvenir à les séparer. Nous percevons le nombre des ondes sonores sous la forme d'une qualité, qui donne au son sa place dans l'échelle musicale; l'amplitude des vibrations nous permet déjuger de l'intensité du son. Il est impossible d'entendre un son, ut ou ré, sans aucun degré d'intensité, ou un son d'une intensité définie sans qu'il soit pour nous ut ou ré; mais en comparant des sons en certain nombre qui affectent successivement notre oreille, nous faisons dans la pensée cette distinction des deux composantes inséparables dans la sensation, et la perception totale d'un son se décompose pour nous en la sensation n, qui marque sa valeur dans l'échelle, et cette sensation spéciale a, qui répond à l'intensité de cette même sensation 7c. Ces deux éléments ne s'altèrent pas l'un l'autre, ou ils ne le font qu'à un degré négligeable; l'intensité crois-

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