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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/294

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284 REVUE PHILOSOPHIQUE

éléments par son pouvoir, et leur harmonie par l'unité de son plan. Dès lors, on ne sera plus tenté de violenter l'expérience par l'affir- mation de transformations imaginaires. Si l'on étudie historiquement les œuvres des grands fondateurs de nos sciences, de ceux auxquels le titre d'initiateurs appartient sans constestation, on verra que tous ont été placés sous l'influence des pensées de cet ordre. Les prin- cipes directeurs de leur génie ont été ceux que je viens de rappeler ; il est facile de s'en assurer en consultant leurs écrits. Le dévelop- pement de la science a eu cette double condition : les observations lentement accumulées, et les essais d'explications des phénomènes dirigés par la pensée de l'unité de la cause universelle. Les hommes qui forment le peuple des savants sont placés sous l'influence de leurs chefs, et suivent une impulsion dont souvent ils ignorent la source. On en rencontre qui nient les principes directeurs des sup- positions vraies ; mais ces principes qu'ils nient en théorie, il est facile de constater qu'ils les appliquent toutes les fois qu'ils font accomplir à la science un véritable progrès.

Concluons : La recherche de l'unité est le facteur essentiel de la science, le principe générateur des hypothèses vraies ; mais cher- cher l'unité trop vite et trop bas, c'est la source principale des con- jectures fausses et des systèmes erronés.

Ernest Naville.

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