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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/225

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Dans cette esquisse, nous n’avons passé en revue qu’une très-faible partie des questions soulevées par M. Lewes. Elles sont nombreuses ; nous lui ferions même le reproche de ne pas se tenir assez sévèrement dans les limites de son sujet : il cède trop volontiers au plaisir de discuter des points curieux, mais qui n’y tiennent qu’à demi. Mais son livre sera fort utile à tous ceux qui, en vue de la psychologie, désirent connaître les vues les plus récentes des physiologistes sûr le système nerveux et son mécanisme, et il nous fait vivement désirer la publication prochaine d’un quatrième volume où l’auteur, nous l’espérons, abordera enfin les problèmes de la psychologie pure.

H. Joly : L’homme et l’animal ; Psychologie comparée. Hachette et C ie , Paris, 1877.

I. <t Discuter le Darwinisme psychologique, tel a été en grande partie le but du présent ouvrage. » Ces mots sur lesquels se ferme le livre de M. Joly nous avertissent qu’il faut y voir moins une étude purement scientifique qu’une oeuvre de discussion et de polémique. Fort au courant de la philosophie contemporaine, l’auteur s’est plu à examiner pour son compte les grandes questions qu’elle agite ; partisan de la philosophie spiritualiste, il se propose d’en défendre les principes contre les attaques des nouvelles doctrines. C’est donc à un combat qu’il nous convie. Il nous présente M. Darwin comme « le chef > d’une puissante armée, ayant « à ses ailes des troupes serrées de paléontologues et de zoologistes, » et comptant d’innombrables « alliés » dans tous ceux qui inclinent aux méthodes et aux théories de la science. Pour lui, c’est au nom de la métaphysique qu’il se jette dans la bataille, qu’il entreprend de repousser cette « nouvelle invasion des barbares > et qu’il va défendre « le terrain sur lequel l’évolutionnisme mécaniste étend chaque jour ses conquêtes ». Ce terrain c’est celui de la vie et de la pensée : de là le titre de cette étude. Mais si l’auteur essaye d’agrandir les cadres de la psychologie classique pour y faire entrer toute une psychologie comparée, il ne laissera pas de s’inquiéter beaucoup plus des prétentions des transformistes que des mœurs des animaux.

Cette préoccupation se marque dès le début. Elle s’accuse dans l’épigraphe empruntée à un passage de M. L. Peisse qui fait de l’intelligence des animaux une question non de fait, mais de raisonnement et de métaphysique, et elle domine toute l’introduction, où sont examinés l’objet et la méthode de la psychologie comparée. M. Joly charge d’abord cette science, à peine constituée cependant, de résoudre « la question redoutable de la place de l’homme dans la nature, » et la question « plus poignante encore et capitale à l’heure présente des rapports de l’intelligence avec le mécanisme. j> Puis il repousse dans une longue discussion la méthode évolutionniste (p. 11-30), et y oppose la sienne pour laquelle il réclame le titre de subjective, et qui se résume