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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/123

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LES PRINCIPES DIRECTEURS

DES HYPOTHÈSES'

��Un élément d'expérience se trouve au début de toutes les opé- rations de la pensée. Un fait est observé ; son explication est l'objet d'une hypothèse qui devient l'origine d'observations nouvelles ; mais qu'est-ce qui guide la pensée dans le choix entre les conjectures en nombre indéfini qui peuvent s'offrir à elle pour l'explication des faits? Ici interviennent certaines idées régulatrices qui sont les prin- cipes directeurs des hypothèses fécondes. Nous les étudierons d'abord dans les sciences particulières, puis dans la science en général.

Lorsque l'objet d'une science particulière a été déterminé, il en résulte une direction précise pour la recherche : on sait dans quel ordre d'idées il faut chercher l'explication des phénomènes, et on ne cherche plus ailleurs.

La physique , au sens le plus général de ce terme, c'est-à-dire la science du monde inorganique, cherche maintenant toutes ses expli- cations dans les divers agrégats et les divers mouvements d'une matière résistante mais inerte. Aucun savant de nos jours ne recourra pour l'explication des phénomènes à l'idée que la matière a des qualités psychologiques, des affections, des répugnances, idées qui avaient cours au xvi e siècle, et dont on trouve la trace jus- que dans les écrits de Bacon. La science contemporaine n'admet pas non plus, comme on le faisait encore au début de notre siècle, des propriétés spécifiques propres à différentes matières et à différents fluides. Si l'on sépare la partie objective des phénomènes des sensa- tions qui leur correspondent, la disposition des corps et leurs mou- vements doivent tout expliquer, en partant de l'idée que le corps ne modifie jamais par lui-même son propre mouvement. A cette

1. Voir la Revue philosophique, tome II, pp. 49 et 113; tome III, p. 371. tome iv. — Août 1877. 8

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