Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/723

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Lamuel [1]. — Ce sera comme Stello, un triple roman patriotique, philosophique et politique.

Je n’ai personne en vue ; mais Molière, en faisant Tartuffe, ne pensait à aucun homme en particulier ; il pouvait se dire : Qui se sent Tartuffe se mouche !


Lundi 9 janvier.

Le ballon de M. Green part de la caserne Poissonnière. Sept hommes y montent. — La nacelle est faite en forme de panier d’osier parfaitement rond. L’intérieur doublé de drap vert renferme plusieurs sièges où tous les voyageurs sont assis.

Au-dessus de la nacelle est une couronne de for d’une circonférence égale à celle de la nacelle même. A cette circonférence viennent aboutir les filets du ballon.

Le lest a été jeté trop tard par ménagement pour les spectateurs. Le ballon a heurté sa nacelle contre les murs d’une haute maison du faubourg Poissonnière.

Les Anglais remplissent la cour. Leur sentiment national, bien plus vif que le nôtre et plus unanime, les amène partout où un compatriote est en vue. — Par un froid extrême, jamais une duchesse française habitant Londres ne se lèverait à 8 heures du matin pour voir un ballon français. Il y avait là des lords et des ladies de très haut rang.


10 janvier.

Une chose curieuse, c’est à quel point les académiciens se prennent peu au sérieux. Leurs élections sont pour eux affaire de convenance, de relations, de famille et de politesse.

Du mérite et de la renommée littéraire, il n’en est pas question.


Maine-Giraud.

La Nicole (Le Décalogue).

Scrupules exagérés, quintessenciés, qui feraient tomber l’homme dans l’immobilité, l’impuissance et le crétinisme.

Après saint Augustin, il appelle l’amour : la pente, l’inclination et le poids de l’âme vers un objet.

C’est une chose merveilleuse que la facilité avec laquelle on s’oublie. — Mme de Maintenon et la duchesse de Portsmouth étaient en correspondance et faisaient tous leurs efforts pour

  1. C’est toujours Daphné, qui a sans cesse changé de nom dans la pensée de Vigny.