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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/697

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Le traité fut fait avec lord Eliot.

Dans cette conférence de près de trois heures, je ne perdais jamais de vue mon idée, ni lui la sienne. J’étais parti de chez moi avec le projet de lui faire ces questions auxquelles je l’ai ramené par différents chemins

Demandes
1. Les Corses ont-ils le cœur français ou italien ?
Réponses
Corse !
Demandes
2. Seraient-ils bons marins ?
Réponses
Peu. — Surtout tirailleurs sur terre.
Demandes
3. N’est-il pas bon de tenter leur désarmement ?
Réponses
Oui, mais entier, de tous les individus ; ils le désirent eux-mêmes.
Demandes
4. Pensez-vous, comme moi, qu’il soit bon de les civiliser par des ecclésiastiques ?
Réponses
Oui, — mais non des Jésuites qui s’occupent trop de politique.
Demandes
5. Pourquoi ne fait-on pas rester là les préfets plus longtemps ?
Réponses
Parce que les Corses ont plus d’esprit qu’eux et les regardent comme des sots au bout de peu de temps.
Demandes
6. Pourquoi ne fait-on pas de routes ?
Réponses
On en a commencé une en 1792 ; elle n’est pas achevée.
Demandes
7. Les habitants s’y opposent-ils ?
Réponses
Non, ils le désirent.
Demandes
8. Que faut-il pour leur bonheur ?
Réponses
Une instruction primaire meilleure, une industrie bien dirigée.
Demandes
9. Les Anglais, que firent-ils ?
Réponses
Ils donnèrent de l’argent, mais cela ne suffit pas. Ils payaient le fusil.
Demandes
10. Ils faisaient des Corses des soldats suisses ?
Réponses
Oui.
Demandes
11. Pourquoi Bonaparte n’a-t-il rien fait de la Corse ?
Réponses
Il la haïssait parce qu’on l’y connaissait trop bien. — Il a formé beaucoup de régiments qu’il a fait tuer et a épuisé le pays. (Prenant un coquillage, percé par le haut.) Voici la conque, le Triton avec lequel on appelle les chasseurs dans les montagnes.