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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/483

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côtés. Quantité de maisons dans la Bergstrasse viennent d’être bâties à l’anglaise, avec un petit jardin bien vert qui les enclot. Il y a des idées heureuses dans l’architecture. Ordinairement la maison à une loggia pour devanture ; quelquefois la loggia en porte une seconde, ou bien il y a un balcon ornementé et vil ré au premier étage et un autre balcon au second étage continuant le premier. La loggia-portique du rez-de-chaussée est parfois en demi-cercle, et en porte au premier une semblable plus petite ; au second, la fenêtre bombée à l’anglaise. Tout cela est propre, neuf, et ne manque ni d’originalité ni de goût.

La ville porte partout les traces de ses Grands-Ducs et de ses Rois, armes, statues, armoiries, grandes architectures. La principale empreinte est celle du rococo XVIIIe siècle italien, très surchargé, tourmenté, même extravagant ; mais tout se tient, et l’effet du palais où est le grand musée, de la grande église près du vieux pont, est très décoratif. L’inconvénient est que toutes les coupoles, les portiques sont encrassés de suie ; on a beau les gratter, au bout de quinze jours ils sont enfumés. Les vertus mythologiques et les saints déhanchés, tortillés, les nudités galantes des statues bien cambrées et nobiliaires, ont la même croûte sale qu’à Londres.

Tous les enfants et femmes du peuple pieds nus et sales ; mais la race est vigoureuse et n’est pas laide.

Superbe aspect de la rivière encore aujourd’hui, au soleil couchant. La nappe d’eau semble immobile, tant elle est luisante, et les étages de collines bleuâtres dans celle blancheur et cette ampleur du jour sont d’une douceur infinie.


8 juillet.

Beaucoup de Vereine en Allemagne ; en outre Gesellschaften de toute espèce : en cela, analogue à l’Angleterre. De plus, grandes villes et capitales, autrefois indépendantes, et qui, malgré la Confédération, le sont encore et font des centres. Mot de Cherbuliez : « L’Allemand aime avant tout son Verein, » il est particulariste. Et enfin, détails donnés par M. G. sur les franchises communales, la liberté complète de la commune qui élit ses magistrats. J’ajoute encore les Bürgerschaften d’étudiants (les Arménienset les Marcomanniens de Vertorene Handschrifl). De cette façon, même si le Gouvernement manquait comme chez nous en 48, le pays se trouverait encore organisé. Tandis