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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/480

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nobles ; de la leur orgueil, par sentiment de leur force (le lieutenant Rothsattel et le négociant dans Soll und Haben). Les officiers ne fraient pas avec les bourgeois, et la morgue nobiliaire est énorme, surtout dans le Nord-Est. Par suite, rôle humble de la Chambre des Députés ; le roi plusieurs fois a méprisé ses votes, gardé l’armée, fait le budget malgré elle, l’a renvoyée. Mais les députés étaient réélus, et protestaient, réclamaient avec la patience germanique. Pour que la Chambre devienne prépondérante, il faut que la bourgeoisie et le peuple fournissent la majorité des officiers.

Très bonne loi récente sur l’indigénat, la Gewerbe Freiheit, la liberté d’aller s’établir où on voudra. Il y a quelques années, en Prusse orientale il fallait une permission du seigneur pour bâtir une maison, établir une industrie, en Mecklembourg pour se marier. En Mecklembourg le grand-duc possédait la moitié des terres. Défense d’émigrer. Las Allemands ont pâti plus longtemps qu’aucun peuple.

Mariages ordinairement égaux et dans lesquels les convenances sont consultées au préalable. Les jeunes gens se voient au bal, à la promenade. Les fiançailles sont annoncées publiquement, et garanties par la loi qui donne des dommages et intérêts en cas de renoncement non provoqué. Dès lors, les fiancés sont libres, se voient seuls, et même voyagent seuls ensemble. Si un des jeunes gens rompt par sa faute, c’est une tache, il a peine ensuite à se marier.

Chaleur étouffante sur la terrasse du bord de l’Elbe à l’ombre. Mais la vue est bien belle, semblable à celle de Florence, quoique plus verte, avec les tons rouges des toits du Nord. Petit fleuve bleuâtre écaillé d’azur ; dans le lointain, une couronne de collines boisées, et ciel lumineux d’un bleu pâle semé de fins nuages, de duvets éparpillés, délicats.


Dresde. — 7 juillet.

Hier soir, sur la Terrasse de Brühl, le long de la rivière, et au café du Belvédère où il y avait concert. Tout l’après-midi sur la terrasse au-dessous du pont, familles bourgeoises, venant s’asseoir, prendre le frais, boire du café, de la bière, manger des sandwiches, plusieurs dames ayant leur tricot ou leur crochet. Le soir, dans le Belvédère, quantité de tables