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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/181

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certaines industries spéciales, comme la confection des vêtements et des chaussures, la fabrication des cigarettes et des eaux minérales ; les professions libérales en occupent un certain nombre. Sont Juifs 83 9 pour 100 des commerçants de toutes branches, 94 pour 100 des marchands de blé, 93 pour 100 des marchands de cuir, 91 pour 100 des colporteurs. En revanche, l’élément juif ne figure que pour 6 pour 100 dans l’industrie céramique, pour 2,1 pour 100 dans les chemins de fer, pour 0,7 pour 100 dans les mines ; on ne le trouve pas dans l’agriculture. En résumé, les Juifs se tiennent à l’écart des métiers pénibles et encombrent les professions les plus douces et les plus lucratives. Dans les classes sociales plus élevées, ils représentent 24 pour 100 des médecins, 14,6 pour 100 des écrivains et publicistes, 5 pour 100 des administrateurs municipaux. Enfin l’élément israélite figure pour 30 pour 100 dans la mendicité et pour 27 pour 100 dans la prostitution.

Parmi les juifs orthodoxes, il n’y a pour ainsi dire pas un enfant qui ne sache lire et écrire. Les écoliers apprennent en même temps l’hébreu et le jargon et se servent pour les deux langues de l’alphabet hébraïque. La plupart des journaux juifs en Pologne sont écrits en jargon, mais imprimés en caractères hébreux. Les écoles juives sont complètement distinctes des écoles polonaises ; le nombre des unes et des autres est à peu près égal, bien que les Juifs ne forment que 15 pour 100 environ de la population totale du royaume. En 1904, pour mille habitants, les Juifs avaient vingt-sept écoles, les Polonais un peu moins de cinq.

La plupart des écoles juives sont des écoles religieuses. Dans le cheder (école primaire), l’enfant, sous la direction d’un melamed souvent assez ignorant, apprend à lire, sans les comprendre, bien entendu, la Bible et le Talmud. Les cheders sont entretenus par la communauté : parfois les enfants payent un « écolage. » Dans les institutions d’enseignement secondaire, ou jeshihots, l’enseignement est un peu plus développé. Enfin les jeunes gens qui se destinent à l’exégèse, à la prédication ou au sacerdoce, complètent leur instruction dans les Talmud-Thora, où on leur enseigne l’histoire sacrée et la théologie.

Très peu d’enfants juifs fréquentent les écoles primaires polonaises : sur 460 000 écoliers, en 1917, on n’y trouvait pas tout à fait 9 000 Juifs. La proportion est un peu plus élevée dans