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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/638

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La ruine de la civilisation antique


III. DIOCLÉTIEN ET LA RÉFORME DE L’EMPIRE [1]


I

L’homme que les légions avaient élu pour succéder* à Carus était aussi un Dalmate, comme Claude et comme Aurélien, bien que de naissance encore plus obscure. Une tradition affirme même qu’il était fils d’affranchi. Il avait été soldat depuis sa première jeunesse et s’était formé à l’école de trois grands généraux : Claude, Aurélien et Probus. Mais ce barbare et ce soldat était un homme de génie.

A peine élu, Dioclétien eut à soutenir une guerre civile. Carin, qui venait de se battre contre les Jazyges, ne voulait pas renoncer à la succession de son père. De part et d’autre, on se prépara pendant plusieurs mois au combat ; et, au printemps de l’année 285, les deux armées se rencontrèrent en Mœsie. Il semble que Dioclétien aurait eu le dessous, si la mort de Carin, tué par un de ses officiers, n’avait assuré son triomphe. Mais la nouvelle guerre civile avait provoqué une des crises ordinaires dans l’Empire. Les provinces, abandonnées à elles-mêmes

  1. Voyez la Revue du 15 septembre 1919 et du 15 février 1920.