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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/534

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revue des deux mondes.

« Par suite de l’écroulement du front de Macédoine et de la diminution de réserves qui en est résultée pour le front occidental, par suite aussi de l’impossibilité où nous nous trouvons de combler les pertes très élevées qui nous ont été infligées dans les combats de ces derniers jours, il ne reste plus aucun espoir, — autant qu’il est possible à un homme d’en juger — de forcer l’ennemi à faire la paix.

« L’ennemi, de son côté, jette journellement dans la lutte de nouvelles réserves. Cependant, l’armée allemande reste solide et repousse victorieusement toutes les attaques. Mais la situation devient de jour en jour plus critique et peut forcer le Haut-Commandement à des décisions lourdes de conséquences.

« Dans ces conditions, il vaut mieux cesser la lutte pour épargner au peuple allemand et à ses alliés des pertes inutiles. Chaque journée perdue nous coûte des milliers de braves soldats. »

C’est le 5 octobre que le prince Max de Bade envoie la première note allemande à l’Amérique, demandant au président Wilson de prendre en mains le rétablissement de la paix sur les bases qu’il a indiquées dans ses discours, — dont reconnaissance des quatorze points et établissement en Allemagne d’un gouvernement de forme moderne. — La note demande en outre un armistice immédiat.

L’aveu de la défaite militaire résulte clairement de tous ces textes. C’est l’offensive anglaise du 8 août qui ouvre les yeux de Ludendorff sur sa situation. Il provoque le Conseil du Trône du 14 août, où le maréchal von Hindenburg affirme que les empires centraux ne peuvent plus gagner la guerre ; ni le souverain, ni ses conseillers ne tirent de ce fait toutes ses conséquences. Le 10 septembre, le maréchal von Hindenburg demande l’ouverture immédiate des négociations par l’intermédiaire d’une puissance neutre ; la discussion avec le gouvernement autrichien prolonge la situation. Le 27 septembre, Hindenburg et Ludendorff renouvellent leur demande et, à partir du 1er octobre, leur instance se fait de plus en plus pressante. Le nouveau chancelier finit par y céder le 5 octobre, mais après avoir rejeté sur leur tête l’entière responsabilité de la démarche, en les obligeant à constater qu’elle peut avoir pour conséquence la perte de l’Alsace-Lorraine, de la Pologne prussienne, et de toutes les colonies allemandes.

Les réponses aux trois notes du président Wilson amènent de