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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/529

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comment finit la guerre.

quelle date les négociations pourront enfin commencer. Le maréchal Hindenburg, consulté, repousse le 10 septembre la démarche auprès des Puissances ennemies ; en revanche, il approuve « l’entremise d’une Puissance neutre en vue d’une explication immédiate. »

Mais la discussion continue entre les deux alliés : le comte Burian, chancelier d’Autriche-Hongrie, veut toujours s’adresser directement aux belligérants, le gouvernement allemand préfère demander l’intermédiaire d’une Puissance neutre. Au cours de la discussion, qui se prolonge, le gouvernement allemand cherche la Puissance neutre qui servira d’intermédiaire et négocie à cet effet. Mais voici que le 15 septembre se prononce l’attaque foudroyante des armées du général d’Esperey ; le front oriental s’effondre ; la Bulgarie est aux abois et met bas les armes le 30 septembre. C’est Ludendorff lui-même qui, le 21 septembre, a suggéré de s’adresser directement au président Wilson par l’intermédiaire de la Suisse.

Cette démarche nécessitait quelques préparatifs ; les déclarations du président Wilson étaient bien formelles : il ne voulait pas traiter avec le gouvernement qui avait voulu et préparé la guerre mondiale. Le chancelier Hertling sera démissionnaire et un nouveau gouvernement va se présenter au monde, qui sera qualifié de démocratique. Les ministres en exercice règlent les détails de cette mise en scène et en même temps ceux de la démarche auprès du président Wilson. Mais le temps presse. Le Haut-Commandement intervient. Hindenburg et Ludendorff, parfaitement d’accord sur la nécessité d’entamer les négociations, en confèrent le 29 avec le secrétaire d’État aux Affaires étrangères von Hintze et apprennent de sa bouche la transformation du gouvernement. Le 1er octobre, Ludendorff insiste pour que l’offre de paix parte immédiatement. « Aujourd’hui la troupe tenait, mais on ne pouvait prévoir ce qui arriverait demain. » Hindenburg écrit, le même jour, à 1 heure 30 : « S’il y a certitude d’ici ce soir 7 ou 8 heures que le prince Max de Bade forme le nouveau gouvernement, j’approuve l’ajournement jusqu’à demain matin. Si, au contraire, la formation du nouveau gouvernement demeurait tant soit peu douteuse, j’estime qu’il y a lieu d’envoyer cette nuit même la déclaration aux gouvernements étrangers. » Et Ludendorff revient à la charge et demande que l’offre de paix soit faite sans attendre la formation du nou-