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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/514

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revue des deux mondes.

il fixera un but d’une utilité immédiate. La première, qui est en cours, vise au minimum le dégagement de la voie ferrée Paris-Avricourt dans la région de la Marne, qui n’est plus qu’une affaire de jours, et qui sera bien dépassé par le repli allemand sur la Vesle et sur l’Aisne. La deuxième doit dégager la voie ferrée Paris-Amiens, but que le général Foch poursuivait dès le 21 mars. La troisième, confiée à l’armée américaine, doit dégager la voie ferrée Paris-Avricourt vers Commercy par la réduction du saillant de Saint-Mihiel. À l’armée britannique il confie la quatrième opération, qui doit dégager les mines du Nord, et la cinquième donnera de l’air à la région de Dunkerque et de Calais.

Chaque commandant en chef, anglais, français, américain, va préparer l’opération dont il est chargé, et il reçoit un objectif déterminé ; l’activité des états-majors s’exercera dans son cadre habituel. Les événements vont se dérouler, qui permettront davantage : une pression constante sur un front beaucoup plus étendu, une usure beaucoup plus grande de l’adversaire et des progrès plus rapides. Le programme s’exécutera en entier, avec quelques adjonctions qu’amèneront les circonstances favorables. Sans doute, le général Foch les prévoyait dès ce moment ; le programme qu’il venait de développer atteignait certainement les limites de ce que ses subordonnés pouvaient admettre comme raisonnable à cette époque.

L’arrivée à Soissons et sur la Vesle des 10e, 6e et 5e armées françaises avait réalisé la première partie du programme tracé par le maréchal Foch. La deuxième partie, — large dégagement de la ligne Paris-Amiens, — implique une avance notable devant la 1re armée française Debeney et la 4e armée Rawlinson, devant être toutes deux placées sous les ordres du maréchal Haig. Sur ce front, d’ailleurs, par une série d’attaques partielles, l’ennemi a été contraint d’abandonner la rive gauche de l’Avre ; le 27 juillet et le 3 août, les premières lignes au Nord de Montdidier. Le général Debeney borde alors l’Avre et le ruisseau des Trois-Doms.

Le 8, à quatre heures du matin, après une préparation d’artillerie très courte et très massive, l’armée Rawlinson s’élance sur un front de 18 kilomètres au sud de la Somme jusqu’à la route d’Amiens à Roye. Elle atteint d’un bond son premier objectif et repart après un court arrêt, précédée de ses tanks