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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/508

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revue des deux mondes.

incessants d’artillerie qui se produisant depuis trois semaines sur le front de la 10e armée empêcheront fort probablement l’ennemi de s’apercevoir de l’installation de batteries nouvelles dans la région de Villers-Cotterets. »

Il réclame la désignation et la mise en place de tous les moyens nécessaires à l’offensive projetée.

Le 8 juillet, une nouvelle opération améliore les positions de la 10e armée au sud de la forêt de Villers-Cotterets. Le 9, le général Mangin reçoit la lettre du général en chef qui approuve ses propositions. Elle ne parle pas encore de réduire la poche de Château-Thierry, mais elle dit : « Il n’est pas douteux que cette opération, non seulement présente les meilleures chances de succès, mais encore est susceptible d’une exploitation fructueuse. De plus, elle constitue la parade la plus efficace à l’offensive allemande. » Il faut préparer l’opération dès maintenant dans tous ses détails, de telle sorte que la concentration des moyens et le déclenchement de l’attaque puissent être réalisés dans un délai très court, quatre jours au maximum. Les mouvements de concentration devront pouvoir commencer le 15 juillet.

Du 9 au 13 juillet, la situation continue à s’améliorer au sud de la forêt de Villers-Cotterets. La vallée de la Savière, qui formait un obstacle sérieux dans cette région, est franchie. Le 13, en signalant ces résultats, le général Mangin constate que ces petites opérations, menées à très peu de frais, ont été suffisantes pour amener l’usure de 5 divisions allemandes placées devant son front. Elles ont été remplacées par d’autres divisions enlevées du front depuis peu de temps et non encore reposées ; sans avoir été recomplété, l’effectif est réduit à 40 ou 50 hommes par compagnie au lieu de 150 : « L’ennemi, à la suite de ces échecs, reste donc très affaibli ; mais les ordres qui ont été donnés aux commandants de secteur et que nous avons capturés, sont formels : Tenez coûte que coûte, sans espoir de renforts ; le gros de l’armée allemande est réservé pour la grande offensive. Devant le front de la 10e armée, j’estime donc que la situation aujourd’hui est éminemment favorable à une attaque, et je crois devoir le signaler à votre attention. » Ce compte rendu se croise avec l’Instruction du général Pétain qui précise les conditions de l’offensive et vise maintenant à la réduction de la poche de Château-Thierry, qui sera attaquée sur tout son contour. La 10e armée Mangin et la 5e armée Berthelot se réuniront dans