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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/501

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comment finit la guerre.

Arrêtée entre ces deux môles, trouvant une digue au Sud, la marée déferla vers l’Ouest, de part et d’autre de la forêt de Villers-Cotterets et y trouva un nouvel obstacle.


Il restait à exécuter la dernière partie du plan primitivement conçu, l’avance vers Compiègne qui, en réunissant la poche de Montdidier avec celle de Château-Thierry, ferait sortir les armées allemandes de la situation délicate où les avaient placées leurs succès et leur permettrait une menace directe contre Paris.

L’attaque, prévue pour le 7 juin, avait été éventée, et, le 6, le général Humbert, commandant la 2e armée française, avait rappelé à son front menacé que l’offensive allemande était imminente. Un retard dans l’arrivée de l’artillerie la fit différer de deux jours, et Ludendorff parait avoir été fort impatienté de ce répit, qui enlevait à l’opération son caractère de violence continue ; mais la conception d’ensemble se heurte souvent à des lenteurs matérielles d’où résultent des délais inévitables, car il ne peut plus sans imprudence lancer une attaque sans une préparation complète ; même en prévoyant dès la fin d’avril le développement de son entreprise, il se trouve obligé de lui imposer des délais supplémentaires dont il comprend toutes les conséquences.

Il lance, le 9 juin, la XVIIIe armée von Hutier contre la 3e armée Humbert. La défense française lui présente l’échelonnement en profondeur que les deux adversaires avaient adopté à peu près en même temps et qui produit à gauche tous ses effets. Les Français s’arrêtent sur la ligne de résistance qu’ils ont choisie, et rien ne peut enlever à la 18e division Mittelhauser la position qu’elle a l’ordre de tenir. À droite, le terrain très mouvementé et très couvert favorise l’attaque ; mais la défense y garde sa cohésion, et l’avance n’est que de 6 ou 7 kilomètres ; le 10 au soir, le massif de Lassigny est enlevé, mais Compiègne n’est pas pris, qui devait tomber ce jour-là. Les Allemands ont pris pied sur le plateau de Méry-Courcelles, mais ils sont arrêtés après une courte avance.

Mais le 10, à quinze heures, le général Fayolle, commandant ce groupe d’armées, a fait appeler le général Mangin, nommé au commandement de la 10e armée et lui confie le commandement d’un groupement provisoire de cinq divisions pour contre-attaquer