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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/487

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comment finit la guerre.

n’avait pas suivie l’infanterie. Au centre, la IIe armée von der Marwitz fut arrêtée à l’intérieur de la deuxième position. La XVIIIe armée von Hutier progressa seule dans de bonnes conditions contre la 5e armée Gough, qui luttait un contre six. Les avant-postes furent submergés avant même d’avoir pu se rendre compte qu’ils étaient attaqués. Les résistances locales, malgré leur énergie, étaient impuissantes à arrêter la marche de l’assaillant. Le général Gough avait décidé de se replier sur le canal de Crozat et le canal de la Somme, mais il ne put s’y maintenir. Après une belle résistance, les garnisons des premières lignes se retiraient en bon ordre, s’arrêtant pour faire front dans toute position favorable ; mais, sans liaison entre elles ni avec l’arrière, elles devaient reprendre leur retraite, dès qu’elles étaient débordées par l’ennemi sur les flancs.

Les renforts venaient se perdre dans cette lutte confuse et, dès le 22, l’armée Gough avait dépensé toutes ses réserves sans pouvoir reconstituer sa ligne : à la gauche anglaise, l’armée Byng tenait bon, l’armée Gough avait perdu pied.

Dès le 21, après une entente rapide avec sir Douglas Haig, le général Pétain porte le corps d’armée Pellé vers Noyon-Chauny, pendant qu’une division renforce la droite de l’armée Gough. Le général Pellé put intervenir dès le 22, avec des troupes débarquées précipitamment de camions automobiles, et que leur artillerie ne pouvait rejoindre que peu à peu. Ce secours retardait l’avance allemande et lui faisait payer cher le terrain conquis, mais ne l’arrêtait pas. Deux nouvelles divisions arrivent et l’ensemble constitue la 3e armée Humbert qui prolonge le front français. La 1re armée Debeney se forme à droite de la poche dans la région Montdidier-Moreuil ; ces deux armées se groupent sous les ordres du général Fayolle.

Mais à gauche, la ligne anglaise est débordée par l’avance allemande qui s’est produite sur la droite, et cède quelque peu. La progression de l’ennemi continue. Les Français n’ont pu l’arrêter. Montdidier est pris. Le général Debeney mande, le 27, au commandant du groupe d’armées : « Il y a un trou de 15 kilomètres entre les deux armées où il n’y a personne. Je demande au général Fayolle de faire prendre des troupes et de les faire porter au Nord du Ployon pour s’opposer au moins au passage de la cavalerie. » En effet, le grand danger eût été la brusque incursion d’un corps de cavalerie allemand, qui avait