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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/459

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claire, a un peu la forme et l’orientation qu’a sur le globe terrestre la péninsule de l’Inde.

Certains observateurs ont cru remarquer des variations dans l’intensité de ces diverses taches. Leur fixité a permis de déterminer avec précision la durée de rotation de Mars qui est de 24 heures 37 minutes et 27 secondes (exprimée en notre temps solaire moyen.) Le plan de l’équateur de Mars est à peu près incliné sur l’écliptique de la même quantité que l’équateur terrestre. Il s’ensuit que la succession des saisons et des jours y est assez semblable à ce qu’elle est chez nous. Rappelons pour mémoire que l’année de Mars dure un peu moins de deux des nôtres, que son diamètre est un peu plus de la moitié de celui de la Terre, sa masse un dixième de la masse terrestre, et que la planète a deux toutes petites lunes découvertes en 1877 par Hall, et qu’on a appelés Phobos et Deimos.

Restent maintenant les fameux « canaux. » Les « canaux » tels que les ont observés Schiaparelli et ses successeurs constituent à la surface de Mars un réseau entrecroisé de lignes sombres généralement droites et convergeant vers de petites taches sombres que nous avons signalées sur la planète et que pour cette raison on nomme des « lacs. » Les plus étroits de ces canaux ont plus de 20 kilomètres de largeur. Généralement les canaux, à l’endroit où ils se croisent, forment une tache noire plus large, et réciproquement presque tous les « lacs » de Mars sont des points de jonction de « canaux. » C’est ainsi que 7 « canaux » convergent dans la tache appelée « Lacus Phœnicus. » On remarquera les guillemets dont nous nous obstinons à cerner les mots lacs et canaux. Ces guillemets sont essentiels en ce qu’ils montrent que nous employons les termes consacrés sans leur attacher une signification nécessairement objective.

Un autre phénomène extraordinaire constaté d’abord par Schiaparelli, puis par d’autres astronomes, est la gêmination des « canaux. » Certains de ceux-ci, à certains moments, paraissent se dédoubler en deux lignes parallèles et voisines.

Le nombre des « canaux » observés a été grandissant et a été porté à plus de 400 par le principal continuateur de Schiaparelli, l’Américain Percival Lowell.

Si les calottes polaires de Mars sont de la neige et si les « canaux » existent réellement, il est certain que la question de leur origine offre un puissant intérêt. Pour W. H. Pickering, ce sont des lignes de végétation qui sont rendues plus luxuriantes lorsque l’eau provenant de la fonte des neiges polaires leur arrive au