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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/452

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Les verts palmiers aux frais et frissonnants asiles,
Les citernes d’eau pure et les greniers de fruits
N’étoilent pas, comme des fleurs, ces cieux stériles.

N’y cherche point le sceau des univers détruits,
Ni le marbre éternel du muet sarcophage,
Ni ces ombres, qu’on voit mouler du sein des nuits.

Ton amour perd ici sa force et son courage ;
Résigne-toi ; jamais tu ne fus aussi seul.
Ne cherche même plus le secours du mirage,

Et prends, ô mort vivant, ces sables pour linceul !


VI


Laisse-moi dans mes bras te prendre et t’enlacer ;
Laisse contre ton cœur battre mon cœur qui t’aime ;
La voix d’un ange heureux chante pour te bercer ;
Le jour cherche tes yeux et cherche ton baiser,
Et le ciel sur Ion front dispose un diadème.

O Reine ! ton empire est rempli de rayons !
Les perles sous tes pieds roulent comme du sable ;
Des arbres de saphir, chargés de floraisons,
Protègent une source au flot intarissable
Qui forme un fleuve d’or dans les moelleux gazons.

Toute richesse en toi trouve sa ressemblance :
Ton soupir est plus doux que celui de la mer,
La lame de l’épée et le fer de la lance
Sont moins bleus et moins vifs que le regard que lance
Ton grand œil tour à tour mystérieux et fier.

Laisse-moi dans tes bras goûter la certitude.
Je ne cherche plus rien, puisque je l’ai trouvé,
O grand cœur dont j’ai fait, mon éternelle étude !
Le secret de la vie est dans ton attitude
Et je ne comprends bien que ta complexité.