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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/267

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comment finit la guerre.

« La lutte suit un cours normal. De grands résultats ne sont jamais obtenus en guerre, tant que la force de l’ennemi n’a pas été brisée ; et contre un ennemi puissant et déterminé, opérant avec de gros effectifs sur un large front, c’est une affaire de temps et de durs combats.

« Les résultats atteints jusqu’ici cette année, montrent que nous avons déjà réduit considérablement, par nos efforts antérieurs, la puissance de résistance de l’ennemi. Les résultats des derniers jours sont hautement encourageants. La bataille présente se développe de façon très satisfaisante ; et abandonner les bons espoirs de succès en ce moment serait très décourageant pour nos armées et encourageant pour l’ennemi, qui serait laissé libre de se ressaisir, de se réorganiser et de prendre l’initiative des opérations sur ce théâtre ou sur un autre.

« Tout délai pour obtenir de force la décision augmenterait le danger pour notre navigation de la part des sous-marins et pourrait avoir pour résultat de rendre les Alliés incapables d’exercer leur maximum de puissance l’année prochaine.

« Je considère que les chances de succès, cette année, sont remarquablement bonnes, si nous ne relâchons pas nos efforts ; et qu’il ne serait ni sage, ni sensé, — et à la longue plus coûteux en hommes et en argent, — de suspendre à bref délai les opérations offensives.

« Au contraire, tout effort devrait être fait pour inciter tous les Alliés à faire dès maintenant tout au monde pour coopérer à la grande offensive, afin d’occuper l’ennemi complètement et partout, comme il a été convenu l’an dernier à la conférence de Chantilly. »

Le 26, sir Douglas Haig fut appelé à Paris pour conférer avec MM. Ribot et Painlevé, qui lui exposèrent les pertes énormes des armées françaises, — 25 000 tués et 95 000 blessés, disaient-ils, alors que les chiffres réels, établis à cette date par les états de pertes des armées, étaient de 15 000 et 60 000 : ils envisagèrent la nécessité d’arrêter l’offensive. Devant les membres du gouvernement français, sir Douglas Haig maintint l’opinion qu’il avait exposée à son gouvernement : les résultats n’étaient pas ceux qu’on avait escomptés, mais tels quels il les trouvait satisfaisants. Les réserves allemandes étaient à ce moment très inférieures aux réserves franco-britanniques, il fallait donc « poursuivre la bataille à fond. » Sur une question