Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/26

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il appartiendra aux historiens, aux éducateurs de puiser au livre d’or des citations les exemples qu’ils proposeront à la jeunesse française. Les survivants en ont trop vu et de trop poignants pour pouvoir exercer un choix : des mille souvenirs dont chacun fait battre leur cœur une impression uniforme se dégage, qui a la force impérieuse d’une conviction ; c’est comme une dernière parole recueillie sur les lèvres des mourants de la Marne, de Verdun, de la Bataille de France : « Nous avons fait ces grandes choses parce que nous étions la nation même. »

Et le devoir est de chercher à traduire en des précisions ce testament sublime, qui contient la formule de l’avenir.


III. — L’AVENIR

La valeur d’un corps d’officiers dépend d’abord de son recrutement.

Nous avons vu le caractère large du nôtre, qui répond bien aux exigences d’une démocratie. Si la démocratie est bien un état social où les fonctions de tout ordre sont accessibles à tous, la fonction d’officier s’imprégnera d’autant mieux de la vie du pays qu’elle ouvrira plus de portes d’accès aménagées aux différentes tailles. Si la porte est celle d’une école unique, le programme d’entrée sera trop fort pour le milieu des sous-officiers ou trop élémentaire pour l’enseignement secondaire, qui le prendra en défaveur. Il comportera trop de sciences pour les esprits littéraires ou trop de lettres pour les esprits scientifiques, et amènera un nouveau déchet. Enfin, le milieu prendra une tonalité qui effraiera certains aspirants à la carrière militaire ou en détournera d’autres.

Il se trouvera d’ailleurs incapable d’absorber les officiers de complément. Pour ceux-là, qu’on le veuille ou non, la diversité d’origine s’impose, et ce sera toujours sur les carrières, sur les situations sociales les plus différentes, que devra se greffer l’enseignement technique militaire.

Appelez ces hommes dans le rang ! Leur premier mouvement n’est-il pas d’y chercher les anciens camarades de classe, les amis de jeunesse ? En 1914, ils les ont retrouvés et la fusion s’est faite, avec quel succès ! Mais si l’école unique a créé une spécialisation préparatoire qui remontera très loin, — et elle