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Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 57.djvu/25

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Ainsi s’est entretenue la flamme, elle a permis de continuer obstinément la préparation technique, alors qu’on essayait de tuer la foi en annonçant la suppression de toute guerre, de rester obstinément au poste, lorsque la politique essayait d’introduire dans l’armée son virus dissolvant. Comme dans un sanctuaire, elle éclairait dans le silence des cœurs, l’acte d’abnégation et de dévouement. Et, lorsque sous la provocation brutale de l’agresseur, la nation s’est dressée en rappelant ses légitimes revendications, elle a rencontré pour l’encadrer un cadre d’officiers précisément imprégné jusqu’à la moelle de l’idéal retrouvé.


* * *

Somme toute, à la lueur de la guerre, comment se caractérise l’institution qui a formé notre corps d’officiers ?

Par le fait d’avoir produit une quintessence de la nation.

Le recrutement plonge dans toutes les couches sociales et fait appel à toutes les tournures d’esprit ; l’instruction professionnelle s’attache à développer méthodiquement la souplesse intellectuelle de la race ; l’idéal est puisé aux sources le plus purement nationales.

Ce corps d’officiers n’est pas une caste, il n’est pas un mandarinat, il n’est pas un parti. Sa noble fonction le plaçait tout contre le cœur de la France, et il sut bénéficier de ce privilège pour participer plus activement à la circulation générale.

Voilà bien le secret de sa force, de cette force qui lui permit d’accomplir une œuvre grandiose : tandis que son sang coule par tous les pores, il s’assimile ou recrute un nombre d’officiers sextuple de celui du début ; il transforme en pleine bataille l’organisation, l’armement, l’instruction de son armée ; il étend ses bras pour appeler en ligne ou cimenter une coalition mondiale. Toujours le premier à l’exemple, il montre une promptitude de conception et une puissance de travail égales à son courage. Quelles que soient les épreuves, il sait de source certaine que la cause juste finit toujours par triompher et que la France doit reprendre l’Alsace et la Lorraine ; il affirme sa foi dans la victoire, et il est trop profondément Français pour ne pas propager cette foi dans le monde entier par la parole comme par les actes : Omnia qua loauitur populus iste conjuratio est.