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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/947

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à la santé publique : dans un très grand nombre de gares de nos chemins de fer, on peut voir actuellement de petites fontaines surmontées d’une belle inscription émaillée : « Eau potable… » et, au-dessous, on peut lire sur une autre pancarte en vulgaire carton, celle-ci, et concernant d’ailleurs la même fontaine : « Not appruved for drinking for U. S. troops. » — N’est-ce pas admirable, et ces deux inscriptions voisines ne symbolisent-elles pas mille choses sur lesquelles il n’est point besoin d’égrener la gerbe fleurie des commentaires, car cela parle de soi-même ?


Il nous reste à examiner brièvement, du point de vue social, le troisième des facteurs qui, avec le grand air et l’alimentation, est à la base de toute lutte antituberculeuse ; je veux dire : le repos.

Il est certain que le surmenage dans des conditions hygiéniques défectueuses, la durée trop longue des heures de labeur parmi certaines catégories de travailleurs constituent un terrain favorable au développement de la tuberculose. Tout ce que l’État fera pour améliorer, à cet égard, le sort des humbles sera autant de pris contre cette ennemie. C’est dans ce sens que se vérifie la parole de Casimir Perier. « La lutte contre la tuberculose est intimement liée à la solution des problèmes économiques les plus complexes, et tout plan sera imparfait qui n’aura pas à sa base l’amélioration des conditions matérielles et morales du peuple. »

Quant aux tuberculeux avérés, ou du moins dépistés, ils trouvent dans la plupart des pays civilisés le repos qui leur est nécessaire dans des sanatoria ou des hôpitaux spéciaux, ou même simplement chez eux, si leur mal est assez peu avancé pour leur permettre de vaquer encore en partie à leurs occupations habituelles.

Il n’entre point dans mon sujet d’étudier en détail la question des sanatoria et des établissements parallèles. Il y faudrait un volume et même plusieurs.

Qu’il me suffise de dire que, dans ce domaine, notre pays a fait jadis et fait chaque jour un sérieux effort. L’initiative privée non moins que les organisations collectives se sont multipliées pour créer partout des œuvres dont beaucoup sont admirables, dont aucune n’est inutile. On en a réalisé toute une gamme, depuis les sanatoria somptueux et largement dotés jusqu’aux « jardins ouvriers, » aux petits dispensaires, aux « offices antituberculeux » du professeur Robin.