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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/926

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maintenant il est indispensable de rechercher des ressources nouvelles ; ce n’est pas l’un des moindres avantages du budget reconstitué que d’éclairer le pays sur la situation, en l’habituant à se rendre compte des charges qu’il doit se préparer à subir. L’effort fiscal réalisé depuis deux ans, si considérable soit-il, n’est à la vérité, comme l’effort budgétaire, qu’à son début ; il devra se poursuivre et se développer, si l’on veut résoudre peu à peu, par approximations successives, comme disent les mathématiciens, l’angoissant problème financier de l’avenir.

Ce n’est pas là l’œuvre d’un jour, ni d’un budget. L’avenir garde en réserve des facultés imprévues d’adaptation, il saura pourvoir à une tâche que l’évolution ou, pour mieux dire, la révolution actuelle du monde économique rendra sans doute moins difficile qu’elle n’apparaît de loin à nos regards troublés. Quant à présent, tout en appelant l’effort de demain, rendons justice à l’effort d’hier : c’était peut-être, — celui du début, — le plus dur ! Impôts nouveaux, nouveau budget, c’est un grand pas qui est fait dans la voie de la restauration de nos finances, c’est à nos yeux un gage de foi dans l’avenir, et c’est a ceux de l’étranger, dans l’union de tous les Français, l’authentique attestation du crédit de la France.


L. PAUL-DUBOIS.