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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/67

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l’offensive et canon ne au loin, de l’autre côté de la rivière, les villages occupés par l’ennemi.

En quelques minutes, les troupes des deux divisions de tête ont descendu dans la vallée ; elles la traversent et abordent les hauteurs de la rive droite. A six heures trente, le 18e corps occupe les premiers objectifs assignés, les troupes grimpent les pentes de la rive droite en débouchant de Ribemont, Sissy, Châtillon-sur-Oise, Séry-lès-Mézières et Mézières-sur-Oise ; elles tiennent admirablement leurs contacts.

A huit heures cinq, les objectifs indiqués pour le deuxième bond sont atteints. Toutes les hauteurs de la rive droite sont occupées. L’artillerie divisionnaire, avec ses batteries de 75, a suivi le mouvement et couronné ces mêmes hauteurs eu prenant ses vues sur Saint-Quentin et la route de Guise.

En soutien, la 35e division arrive elle-même sur le terrain à neuf heures trente ; on voit ses bataillons compacts déboucher de Parpeville-Pleine-Selve pour caler toute la manœuvre.

Succès ! L’ennemi cède partout. Sur les plateaux, Itancourt, Neuville-Saint-Amand sont abordés. L’aile gauche du 18e corps est à la ferme Lorival, juste à égale distance de la route de Guise et de la route de la Fère.

Mais, ici, les troupes ont une grande désillusion. On leur avait annoncé l’arrivée des forces britanniques. Elles les attendent des heures. Et rien ne se présente. La liaison de cavalerie s’est étendue vers la route de la Fère et n’a pas trouvé une patrouille britannique. « Les Anglais n’arrivent pas !… » Le colonel du 49e est sur cette position de Lorival, les yeux tournés vers l’Ouest, et il ne voit rien. Il n’est pas encore prévenu du grand changement qui vient de se produire dans les ordres.

Mais voici que le commandement traduit ce changement, pour les divisions, par une modification soudaine dans la manœuvre. Au lieu de continuer à se porter vers le Nord pour couper la ligne de Guise, celles-ci s’étendront au Sud-Ouest, vers Urvillers, de façon à consolider l’offensive des divisions de réserve sur la route de la Fère. Car la mission des divisions de réserve est modifiée également : au lieu de se borner à soutenir le 18e corps, elles auront à procéder elles-mêmes à l’attaque sur Saint-Quentin.

Le 18e corps opère le mouvement de conversion à gauche qui lui est ordonné.