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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/60

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Et ce n’est pas tout encore : il donne l’ordre à toute sa cavalerie de se porter sur le même point. C’est le fameux corps de Richthofen comprenant la division de cavalerie de la Garde, corps qui opérait, jusque-là, sur la Meuse. Richthofen accourt et, après deux jours de marche, il débouche sur Saint-Quentin, le 28 ; il sera sur l’Oise pour la bataille du 29.

En résumé, Bülow est surpris en pleine marche vers l’Ouest, dispersé sur la rive droite de l’Oise et sur la route de Guise à Saint-Quentin. Mais la journée du 28 lui accorde quelque répit ; il en profile pour se masser et se resserrer. Arrêtant certains corps, pressant la marche des autres, il se renforce au cours même de la bataille ; il hésite encore à attaquer sur la Fère ; car il ne sait si l’armée britannique, maintenant regroupée, tiendra sur ce point ; mais il a pris l’initiative à Guise dès le 28 au soir et menace ainsi, de flanc, l’offensive de la 5e armée, quand celle-ci se prépare à déboucher sur Saint-Quentin.


La route de Vervins à Saint-Quentin et le cours de l’Oise, de Guise à Vendeuil, font comme les deux branches d’un X qui se croisent à Origny. Dans les combats qui vont s’engager sur la partie Ouest de l’X, l’armée française part de la rivière pour s’emparer de la route aux approches de Saint-Quentin. Dans les combats qui vont se livrer sur la partie Est de l’X, l’armée allemande s’appuie sur la rivière pour s’emparer de la route qui vient de Vervins. Le succès de ce mouvement de bascule donnera le sens profond de la bataille : si la bascule penche au Sud-Ouest, les Allemands glissent sur la Fère et prennent la route de Paris : si la bascule remonte au Nord-Est, l’armée française coupe Bülow de ses communications et le rejette sur von Klück. Ajoutez que von Klück, en tête de tout le mouvement, est, à ce moment même, aux prises avec Maunoury à Proyart.


III. — L’EVENEMENT

Si l’on en croit les récits d’origine allemande, le général de Bülow eut l’initiative à la bataille de Guise Saint-Quentin. Précipitant sa marche en avant, il entendait forcer l’Oise et couper les communications de l’armée Lanrezac et de l’armée