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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/485

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Les masques et les visages – Autour d’un buste


I. BÉATRICE D’ESTE

Il y a, dans tous les muséums d’histoire naturelle, un coin consacré aux météorites. Ce n’est point le plus attirant, ni le plus divertissant pour l’œil : quelques pierres noires, ou grisâtres, informes, médiocres. Mais l’imagination y découvre des perspectives infinies. Ces pierres ont appartenu aux sphères que nous voyons briller, au-dessus de nos têtes, à des distances qui épouvantent la raison. Nous les touchons, nous les pesons, nous en faisons le tour et l’analyse. Ce sont des témoins d’un monde où nous n’irons jamais. Or, les savants y découvrent les éléments constitutifs de notre propre planète. Ces mondes lointains sont faits du même limon que le nôtre. Pourtant, la vie n’y est pas la même. Des conditions autres d’atmosphère, de chaleur, y produisent une autre flore, une autre faune, une autre humanité peut-être… mais lesquelles ? Jusqu’où nous ressemblent-ils ? Quel est le point où ils diffèrent ?

Chacun de nous s’est posé cette question. La science, jusqu’ici, n’y répond guère. Ses réponses sont hésitantes et nous déçoivent d’autant plus qu’il nous semble que la clef du problème soit, là, sous notre main et la solution si lointaine que nous n’y atteindrons jamais.