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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/470

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modèles, de brochures et d’affiches ingénieuses et suggestives, d’un appareil cinématographique et de films convaincants, parcourt sans arrêt nos départements, allant de ville en ville, de village en village et y donnant des expositions, des réunions publiques, des conférences. Chaque camion emporte avec lui cinq personnes : un conférencier, une conférencière, une nurse américaine, un chauffeur-mécanicien, et enfin un économe-organisateur, que j’appellerais volontiers l’impresario de l’expédition, s’il ne s’agissait de choses qui n’ont aucune espèce de ressemblance avec une tournée théâtrale. — Après l’Eure-et-Loir qui fut le premier département visité par une de ces équipes, celle-ci a parcouru successivement le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire, le Cher et elle vient de commencer à opérer dans l’Allier.

Pendant ce temps, la deuxième équipe, après avoir parcouru l’Ille-et-Vilaine, puis le Finistère, opère en ce moment dans les Côtes-du-Nord. Deux autres équipes analogues vont prochainement commencer à opérer dans d’autres régions de la France, si ce n’est déjà fait à l’heure où paraîtront ces lignes.

Il faut environ deux à trois mois à un de ces auto-camions-dispensaires pour effectuer son œuvre dans un département entier et une vingtaine de localités au moins sont visitées dans ce laps de temps.

Cette propagande a eu tout de suite un énorme succès auprès du public. Le professeur Gunn, qui dirige avec autorité la partie propagande du programme, s’est déclaré lui-même étonné du grand succès de ces tournées dans nos populations, qui montrent un désir ardent de s’instruire, une sympathie, une attention, un zèle qu’il n’avait pas rencontrés, à ce degré, même aux États-Unis. C’est qu’il existe dans notre peuple un immense désir de savoir, un grand élan vers le mieux, que notre administration n’a peut-être pas assez connus et assez satisfaits jusqu’ici : le professeur Gunn estime que la moitié au moins de la population des localités parcourues a assisté en personne aux réunions et assemblées données par ces dispensaires ambulants. C’est énorme, surtout si on songe par surcroît que chacun ne manquera pas de répandre autour de lui les notions et les habitudes qu’il aura ainsi acquises.

Je ne veux point parler ici des affiches parlantes si persuasives, des brochures et des images si amusantes et si claires de la Commission. Des mots ne suffiraient point pour en faire comprendre tout l’intérêt, tout l’insidieux et habile pouvoir éducateur. Ce qu’il faut,