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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/461

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REVUE SCIENTIFIQUE




LA CROISADE DES AMÉRICAINS
CONTRE LA TUBERCULOSE EN FRANCE




Ah ! ce n’est pas au compte-gouttes que nos amis des États-Unis versent leur sang sur nos champs de bataille ! C’est sans réserve, généreusement, avec cette fougue, ce don complet de soi-même que peuvent seuls faire surgir un puissant idéal, et le désir de forger une humanité meilleure.

Mais là ne s’arrête pas l’affectueuse coopération que l’Amérique nous apporte. Nos amis n’ont pas voulu faire les choses à moitié : non contents de nous aider à gagner la guerre, ils ont voulu s’attaquer chez nous à un autre fléau qui non moins qu’elle, — plus qu’elle, comme nous allons voir, — détruit sans arrêt de précieuses vies françaises, et qui, si l’on n’y mettait ordre, menacerait bientôt de changer en un immense cimetière le beau jardin de France : la tuberculose.

Je voudrais aujourd’hui esquisser pour nos lecteurs l’œuvre admirable que les Américains ont entreprise chez nous à cet égard, cette croisade d’un nouveau genre partie à la conquête d’une plus grande et plus belle vitalité française et qui a ses apôtres et ses chevaliers. Je voudrais montrer en même temps pourquoi la guerre non seulement ne doit pas faire passer au second plan le problème de la tuberculose, mais lui a au contraire et malheureusement donné une acuité nouvelle en multipliant les causes de développement de cette terrible maladie.

En général, nous sommes beaucoup plus émus par une mort accidentelle que par celle que causent les maladies répandues. C’est que.