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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/456

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couverture signaleront la direction des colonnes, les lieux d’infiltration. Une liaison constante de l’avant à l’arrière empêchera tout imprévu de se produire.

Par contre-coup, l’ennemi sera surpris de se voir si bien deviné. Habitué à ne rencontrer devant lui, après le premier choc, que le désarroi et le vide, il marchera en pleine confiance, croyant avoir forcé la barrière des feux. Mais au moment où il quittera la région accidentée des Monts pour se lancer en plaine, la vraie barrière se dressera devant lui meurtrière et terriblement serrée. Habitué à tourner l’obstacle, à manœuvrer l’adversaire par son habileté à s’infiltrer en utilisant les points faibles, il ne s’apercevra pas qu’il est manœuvré à son tour et que les chemins que suivent ses colonnes ont été délimités d’avance par une heureuse disposition des îlots de résistance.

Le front de la 4e armée, admirablement entretenu par un chef qui n’a cessé de tenir sa troupe en main et de se garder contre toute éventualité, se prêtera à merveille à l’organisation de cette défensive. On peut être sûr que là, tout au moins, l’attaque n’aura qu’un résultat médiocre.

Entre la Marne et Reims, notre ligne est récente. Des organisations de fortune, créées en hâte, n’opposeront qu’un faible rempart ; maïs le terrain est accidenté, les bois nombreux. Nos troupes, instruites par les derniers événements, connaissent la manière de combattre de l’ennemi. Le moyen de couper court à l’infiltration, à ce travail d’effritement et d’érosion auquel se livre l’ennemi, c’est la contre-attaque. Et puis, l’armée française se tient prête ; quoique inférieure en nombre, elle ne sera pas submergée. L’héroïsme de nos soldats fera le reste.

Dans la nuit du 14 au 15 juillet, tandis que les divisions ennemies prennent leurs positions de départ, notre contre-préparation d’artillerie se déclenche avant la préparation allemande. C’est le signe même que l’ennemi a préparé son immense effort en vain. La surprise est éventée.

Dès lors, les Allemands n’ont plus qu’un espoir : arriver, à coups d’hommes, aux objectifs qu’ils se sont fixés. Tandis que l’ennemi, sur sa gauche, reste étourdi, fixé sur place, son attaque complètement désorganisée, il redoublera d’efforts sur sa droite. La traversée de la Marne lui donne quelque espoir. L’horaire qui règle l’entrée en jeu des divisions de poursuite est