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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/295

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maintenu sur le cours de l’Oise, à la gauche du 18e corps, sans aucune difficulté, pendant toute la nuit. Seulement, par le développement de la journée du 29, son action s’est reportée plus à gauche, en aval de la rivière, par Vendeuil et la Fère. Il a reçu le renfort du 148e que lui a amené le général Mangin, Mangin est à la Fère. Le Groupe reçoit l’ordre de se garder sur cette ligne coûte que coûte jusqu’à ce que les autres corps aient évacué les plateaux du Marlois et que le 18e corps, notamment, soit venu le remplacer à Renansart. Ces ordres sont exécutés ponctuellement. Le Groupe a laissé des arrière-gardes à Hamégîcourt et, de concert avec le 18e corps, protège les ponts et refoule une première tentative ennemie, jusqu’à ce que la retraite soit assurée. L’ennemi ne passera pas les ponts avant dix-huit heures. Le Groupe « se décroche » seulement à onze heures et demie sans aucune hâte, et il arrive à Saint-Gobain à partir de trois heures et demie.

Toutes les dispositions sont prises pour garder la ligne de la Fère-Saint-Gobain. La 53e division de réserve reçoit des ordres à cet effet. Le général Perruchon établit son quartier général à Andelain et, de là, domine toutes les avancées du massif de Saint-Gobain. Le 148e (général Mangin) tient les ponts de la Fère, Condren et Chauny.

Bülow arrive avec toutes ses forces à l’entrée de la poche ; mais il la trouve encore gardée…


IV. — CONCLUSION

Les historiens allemands de la guerre parlent toujours de la bataille de Saint-Quentin, jamais de la bataille de Guise. Et cela s’explique par le simple exposé des faits. Le haut commandement en était encore à cette période de la guerre où le public et le public universel ne devaient apprendre rien autre chose que des victoires éclatantes. Les faits contraires à ce système, — qui fut encore appliqué, comme on sait, à la bataille de la Marne, — étaient nuls et non avenus. Bülow s’en tint à une affirmation : l’armée française était battue et cédait le terrain. Fut-ce volontairement, fût-ce par l’effet d’une manœuvre, peu importait. En ces temps-là, l’avance des lignes et l’occupation des territoires servaient de critérium à la guerre.

Le communiqué allemand du 31 août, sous la rubrique :