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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/265

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de leurs pouvoirs ! C’est dans ce calme nécessaire qu’il faut nous préparer à nous prononcer sur les malheureux événements du 10 août. Restons unis, afin de nous rendre dignes d’exercer avec la Nation entière les droits primitifs d’un peuple appelé à former le pacte social, mais jusque-là garantissons-nous des perfides suggestions qui tendraient à intervertir l’ordre établi et à affaiblir la confiance due aux autorités constituées ; car ceux qui le tenteraient, ne pourraient être que les plus cruels ennemis de la Patrie ; ils briseraient les derniers liens de l’ordre social. Le comble de tous les malheurs, ce serait d’exister sans lois ; alors commencerait le plus horrible brigandage. Qui pourrait en calculer les effets et en prévoir le terme ?

« Citoyens-soldats, soldats-citoyens, que le saint amour de la Patrie a portés sur nos frontières, nos efforts pour maintenir la paix publique seraient insuffisants, si vous ne les secondiez par votre généreux courage en repoussant avec valeur les armées étrangères et en continuant de vous soumettre aux règles salutaires de la discipline. — Défiez-vous surtout des agitateurs qui, s’introduisant au milieu de vous, voudraient vous faire abandonner l’honorable poste que vous occupez ou vous alarmer sur les sentiments de vos chefs ; ce sera, lorsque vous aurez mis nos frontières hors de toutes les atteintes, que tous les vrais amis de la Liberté se réuniront. »

Cette adresse qu’il importe de conserver à l’Histoire, — car c’est un document politique admirable de patriotisme, de courage et de bonne foi, — était signée par le président Braun, Xavier Levrault, procureur général syndic du département, Popp, procureur syndic du district de Strasbourg, Mathieu, procureur de la Commune, Marchand, notaire, les officiers et les conseillers municipaux et enfin par le maire Dietrich.

Qu’avaient-ils demandé ? Le maintien de la sûreté générale et de la paix publique, la surveillance des propriétés, le respect des lois, la punition des factieux, l’union de tous les citoyens, la confiance envers les autorités constituées, la lutte intrépide contre les armées étrangères et le libre exercice des droits primitifs d’un peuple appelé à former le pacte social.

Mais Dietrich et ses collègues avaient déploré et blâmé les événements du 10 Août, la déchéance du chef du pouvoir exécutif, les massacres des Tuileries, les troubles et les scènes d’horreur de cette journée, et redouté que l’absence de toute