Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/191

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


large, — du type le plus, usité : 2 630 kilomètres de canaux, — au lieu de 463 il y a quarante ans, — et 2 630 kilomètres de rivières, — au lieu de 996, — sont maintenant dans ce cas. Sur le parcours de la Seine, le tirant d’eau s’abaissait naguère à 65 centimètres (Pont-de-1’Arche) et même 50 (Poses, dans l’Eure) ; au passage de certains points il fallait jusqu’à 50 chevaux pour haler, en remonte, des bateaux qui portaient au plus 200 tonneaux. Aussi la jauge ordinaire des bateaux de Seine n’était-elle que de 60 tonnes et celle des bateaux de Loire de 30 tonnes. Aujourd’hui, par sa division en dix biefs au moyen de grands barrages avec écluses accolées, la navigation de la Seine entre Paris et Rouen jouit d’un tirant d’eau minimum de 3 m. 20.

Si le fret fluvial s’était abaissé de nos jours jusqu’à 1 centime 3 à la remonte et 6 millimes à la descente par tonne kilométrique, si le transport sur certains canaux comme celui de Saint-Quentin, le plus fréquenté par la batellerie, ne dépassait pas il y a cinq ans 3 millimes à la descente et 3 millimes trois quarts à la remonte, on le devait non seulement à d’énormes travaux techniques et, pour les rivières, à la traction à vapeur, mais aussi à la suppression de tout péage : « Il faut, disait Colbert lors de la concession du canal de Picardie, que par le prix du péage le port y soit cinq fois moins cher que la voiture par terre. » Ce vœu ne fut pas réalisé : sous Louis XV, le tarif de Saint-Quentin à Chauny ou à la Fère grevait le bois de 10 centimes par tonne kilométrique, le vin de 60 centimes et d’autres marchandises d’un droit assez prohibitif par son exagération.


IV

Abolis par une loi de 1880, lorsqu’ils étaient perçus au profit de l’État, ou rachetés peu à peu depuis trente-cinq ans s’ils faisaient l’objet de concessions particulières, les péages sur les voies de navigation intérieure n’existent plus de nos jours. Le budget pourvoit au service de ces routes d’eau, — elles lui coûtaient 12 millions par an en 1914, — comme à l’entretien des routes terrestres. Sur les unes comme sur les autres la, gratuité absolue est de date récente : c’est seulement en 1848 que disparurent à Paris, et encore par la violence, les péages de plusieurs ponts. Intérêt et amortissement des capitaux