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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/169

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nous dans une pièce du premier étage qui servait de magasin à la coopérative… (suit la liste des personnes présentes). Subitement arrivèrent des militaires allemands, qui crièrent : « Ici volets et fenêtres sont fermés, il y a des Français. Mettez en joue et tirez… » Sur mon intervention, les hommes sont descendus et ont ouvert. Alors, sur leur demande, les soldats reçurent de l’eau, du café, du pain, du sucre, des bas, des « chaussettes russes, » etc. et finalement se montrèrent satisfaits.

Pendant ce temps, des coups partaient du pont, près de l’octroi, » et nous nous réfugiâmes à la cave avec trois soldats. Alors on tira des coups de feu de l’extérieur dans la cave, mais sans blesser personne. Nous priâmes les trois soldats de sortir et de dire dehors que chez nous on ne tirait pas. Ils le firent et nous fûmes tranquilles un instant.

Mais lorsque nous fûmes retournés dans notre logement, on tira de nouveau contre la maison. Nous sortîmes de nouveau et priâmes les soldats de visiter la maison ; ce qui fut fait… Dans la suite, nous fûmes tous emmenés en plein air en un point de rassemblement, et on nous annonça que nous serions fusillés dès qu’il y aurait un nouveau coup de feu… Chez nous on n’a jamais tiré.

Vers une heure du matin, on nous permit de quitter le lieu de rassemblement et nous allâmes vers le bâtiment de l’octroi au pont de Bourtzwiller, où nous aidâmes à soigner et à panser les blessés.

Le samedi 15, à deux heures et demie du matin, les coups de feu recommencèrent près de notre maison et je constatai que la propriété Trantzer était en feu. Nous nous sommes immédiatement réfugiés à