Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/878

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Or, ce chapitre est intitulé : Ursule Mirouet. Tout semblerait donc indiquer que l’œuvre portant ce dernier titre aurait pris, dans la Comédie humaine, la place qu’y devaient occuper les Héritiers Boirouge. D’une part, le sujet d’Ursule Mirouet, aussi bien que certains passages du manuscrit des Héritiers Boirouge faisant partie des deux récits, confirmerait absolument cette opinion, si, d’autre part, on ne retrouvait, en 1845, cette dernière œuvre inscrite sur le catalogue détaillé de la future seconde édition de la Comédie humaine, établi, comme toujours, longtemps à l’avance par Balzac.

Donc, puisqu’en 1845 les Héritiers Boirouge sont encore annoncés parmi ses ouvrages à paraître, alors qu’Ursule Mirouet, publiée en 1841, se trouve pourtant indiquée aussi sur la même liste imprimée, il faut bien en conclure que les deux romans devaient comporter des sujets complètement distincts.

Laissant de côté cette question, insoluble aujourd’hui, nous terminerons cette notice en rappelant au lecteur qu’Ursule Mirouet fit sa première apparition dans le Messager du 25 août au 23 septembre 1841, portant la date de juin-juillet-de la même année. L’action des Héritiers Boirouge se passe à Sancerre, et celle d’Ursule Mirouet à Nemours. Il serait curieux d’attribuer ce dernier choix au fait de la mort de Madame de Bemy, survenue, comme on sait, le 27 juillet 1836.

En effet, jusqu’à cette date, jamais Balzac, qui venait constamment voir sa dilecta à la Bouleaunière, — habitation voisine de Nemours, qu’il connaissait donc parfaitement, — ne prit ce cadre pour y développer l’action d’aucun de ses romans. Mais, en 1841, cette raison de réserve par rapport à Nemours n’existait donc plus pour lui. Aussi Balzac jugea-t-il sans doute, cinq ans après la mort de la meilleure amie qu’il ait jamais rencontrée, pouvoir, sans blesser aucune délicatesse, placer dans cette ville les personnages de son œuvre nouvelle. Il eût été d’ailleurs impossible de les maintenir à Sancerre, ceux de la Muse du Département étant déjà établis, depuis 1843, dans cette jolie cité du Cher.

Enfin, s’il reprit aux Héritiers Boirouge le nom de sa nouvelle héroïne, il n’en fut pas de même pour celui qu’il avait si bien adapté à toute cette famille de vignerons, buveurs de rouge, très à leur place à Sancerre, située dans un pays de vignobles, mais dont l’existence à Nemours eût contrasté comme exactitude avec le souci du détail précis qui poursuivait sans relâche le génial auteur de la Comédie humaine. En revanche, il attribua très légitimement ce nom à quelques-unes des personnalités sancerroises jouant un rôle dans la Muse du Département.

Comme dernier mot, appelons l’attention sur l’espèce d’analogie existant entre ce début des Héritiers Boirouge, et la généalogie