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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/694

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craindre d’opposition, il est fort possible que l’on ait à compter avec des mines allemandes dans le « Langeland Belt. » On affirme en effet que nos adversaires ont pris, pour plus de sûreté, le soin de miner eux-mêmes ce débouché du Grand Belt dans la « Kielerbucht. » Mais, là encore, les deux rives étant danoises, l’opération du dragage ne saurait présenter de difficultés bien sérieuses, — étant entendu que le fjord de Kiel sera « masqué » par les navires légers et qu’ainsi les dragueurs seront protégés contre les entreprises de l’ennemi.

Nous arrivons maintenant au vaste plan d’eau, — 60 kilomètres environ, de l’Est à l’Ouest, sur 50 du Nord au Sud, — que les Allemands désignent sous le nom de « Kielerbucht, » baie de Kiel. Ce ne peut être que là, dans des eaux à peu près exclusivement sous le contrôle de la marine allemande, que se doivent situer les « immenses champs de mines. »

Que la plus élémentaire prudence prescrive de draguer la route que suivra l’armée navale pour entrer, par le Fehmarn Belt, dans la Baltique libre, c’est ce que personne ne contestera. Mais qu’il soit nécessaire de draguer tout le plan d’eau de la « Kielerbucht, » évidemment non. D’ailleurs, le bon sens indique qu’il n’est pas possible que cette petite mer intérieure soit minée partout. Il faut bien que le défenseur puisse l’utiliser pour repousser l’adversaire en combattant. Qu’on ne m’objecte pas, là encore, que ce défenseur s’est ménagé des chenaux libres dans ce dédale d’aveugles engins de destruction. Au voisinage immédiat des côtes, par exemple aux débouchés du Grand et du Petit Belt, peut-être. Au débouché du fjord de Kiel, certainement. Mais en pleine mer, à 10, 15, 20 milles de toute terre, comment retrouver les amers indispensables, si le temps n’est pas absolument clair, si, comme je le disais tout à l’heure, on n’a pas un ciel de Méditerranée ?

Défions-nous donc de ces jeux d’imagination. Prenons garde surtout que c’est le premier intéressé, l’ennemi lui-même, qui nous suggestionne, aujourd’hui comme il le faisait déjà, il y a vingt-cinq ans, alors qu’en présence des rapports fantastiques qu’il nous faisait parvenir sur l’état de ses défenses côtières, on sentait impérieusement, dans certains organismes maritimes, le besoin de savoir la vérité, — et, donc, d’aller voir.

Que dirai-je, pour finir, du dernier détroit, le Fehmarn Belt, que l’on doit supposer miné ? Ici, la rive Sud est