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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/688

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de la portée maxima des bouches à feu des bâtimens, par conséquent on exécutera des tirs efficaces sur le saillant de Cüxhaven. Mais les bâtimens dont il est question ici ne peuvent être que des navires spécialisés pour la guerre de côtes, monitors à fond plat, batteries flottantes, canonnières cuirassées, chalands armés, etc. Les bâtimens de haut bord se réserveront le grand chenal de l’Elbe et le vaste espace de mer libre qui s’étend au Nord-Ouest du Medem Sand.

Les feux des deux groupes d’unités désignées pour l’attaque se croiseront ainsi sur les buts à battre, à angle droit, à peu près. Serait-il possible de faire mieux et de prendre à revers les ouvrages de Cüxhaven avec des bâtimens de tirant d’eau moyen, pénétrant dans l’Elbe jusqu’en amont de la ville ? Peut-être. Mais c’est encore ici un point réservé. Quoi qu’il en soit, observons que, ni les navires spéciaux opérant dans la région des Watten, ni les grandes unités opérant dans le chenal de l’Elbe ne sauraient être pris entre deux feux. Les premiers ont derrière eux la mer [1] ; les seconds présentent, d’une manière générale, le flanc de bâbord aux terres des Dittmarschen qui forment la rive Est du vaste estuaire extérieur ; mais les points les plus rapprochés du grand chenal, dans ces Dittmarschen, en restent encore à 25 kilomètres. On se trouve donc là, pour des motifs différens, dans des conditions aussi avantageuses que pour l’attaque de Borkum par l’Ems occidental.

Je n’ai pas besoin de dire que les observations qui précèdent n’épuisent aucunement la question de l’attaque de Cüxhaven. Il ne s’agit pas ici de plans d’opérations. Je ne prétends qu’à montrer quelles peuvent être les conditions résultant, pour cette attaque, des véritables caractères géographiques et hydrographiques des points considérés.

Ne nous attardons pas davantage à discuter l’intérêt stratégique de cette position. En fait, il y en a peu de plus importantes sur toute la côte allemande. Et ce n’est pas seulement à cause de la valeur de l’Elbe, du fleuve de Hambourg, de l’artère essentielle du vaste corps de l’Allemagne du Nord, ni, non plus, parce que la belle rade formée, un peu en amont du port, par l’estuaire

  1. Tout au plus ces bâtimens devraient-ils compter avec les feux qui pourraient leur être adressés de la digue littorale qui s’étend au Sud de Cüxhaven ; mais il ne s’agirait là que de batteries de circonstance, de pièces de campagne qui tireraient difficilement à 10 000 et 12 000 mètres.