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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/672

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« L’Inviolabilité du littoral allemand »


Quand on soutient une thèse qui choque certaines idées reçues, il faut s’attendre à être vivement combattu. Du moins a-t-on, en général, l’avantage de savoir exactement sur quels points portent les objections des adversaires.

Cette fortune m’avait manqué jusqu’ici. Lorsque j’affirmais que le littoral allemand, — même celui de la Mer du Nord, plus difficile que celui de la Baltique, — était accessible et, en maints endroits, parfaitement attaquable, on se contentait de protester « qu’il y aurait folie à compromettre les grandes unités dans des entreprises hasardeuses, en présence des mines, des sous-marins et des batteries de côte… » Argumentation commode dans sa généralité, d’autant plus commode qu’on m’y attribuait des desseins que je n’ai jamais conçus, ayant toujours pensé que dans les opérations côtières, il y a lieu de distinguer soigneusement entre la flotte de siège proprement dite, et la flotte de couverture, composée, celle-ci, des précieux dreadnoughts.

Le vrai, c’est qu’il fallait constituer fortement cette flotte de siège ; qu’il fallait lui donner, et en abondance, les engins nécessaires, déjà connus mais systématiquement négligés ; qu’il fallait surtout en faire une force aéro-navale où les appareils de reconnaissance, de chasse et de bombardement seraient appelés à jouer un rôle aussi important que les navires de surface, que les dragueurs de mines, les monitors ou batteries flottantes, les radeaux armés [1], les destroyers, toujours si

  1. Je rappelle que les Italiens, qui se montrent particulièrement « ingénieux » dans cette guerre navale, ont mis en jeu, dans les lagunes de l’embouchure de l’Isonzo, des chalands ou radeaux armés qui ont joué un rôle intéressant dans le bombardement des ouvrages du Carso méridional et qui défendent aujourd’hui les lagunes de l’embouchure de la Piave.