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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/434

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la Commission belge par des trustees (fidéicommissaires) français, représentant leurs communautés. D’autre part, deux Américains seront admis, dans chacun des districts de distribution, à surveiller les opérations. Postérieurement de nombreux arrangemens ont été pris entre les autorités allemandes et la Commission, notamment en ce qui concerne les récoltes locales. Des quantités, fixées d’abord à 100 grammes de farine et 200 grammes de pommes de terre par tête, doublées ensuite, furent promises aux habitans : mais les livraisons effectives restèrent presque toujours très en deçà de ces chiffres.


VIII. — ORGANISATION DE L’ADMINISTRATION ET DU PERSONNEL

Une collaboration étroite s’est établie entre la Commission de ravitaillement pour la Belgique, le Comité français d’alimentation du Nord de la France, et le Comité national d’alimentation et de secours de la Belgique. La Commission est chargée de procurer l’appui financier nécessaire, d’acheter et d’importer les denrées, d’en faire une première répartition dans les centres de distribution, de passer toutes conventions avec les belligérans. Le Comité d’alimentation du Nord de la France effectue le transfert des denrées des centres principaux vers les diverses localités ; il veille à l’organisation des distributions gratuites de soupe et de pain, ainsi que des autres secours. Enfin le Comité national belge s’occupe de la comptabilité et des dispositions financières.

Des milliers de Français et de Françaises collaborent à ce travail de ravitaillement, dont le coût est de 35 millions par mois, soit à peu près 17 francs par tête. Aux importations d’outre-mer, effectuées par la Commission, se sont ajoutés les rations de blé et de pommes de terre provenant des champs du pays, les achats effectués en Hollande par la Commission, certains comestibles fabriqués pour les enfans en Belgique, les achats effectués en Hollande par les comités locaux représentant des villes du Nord de la France et les produits des jardins, vergers et basses-cours. Malgré la diversité de ces sources, il n’est que trop certain que la population n’a pas été nourrie d’une façon complète. L’état sanitaire s’en est ressenti. La mortalité a cruellement augmenté : le nombre des décès dus à la phtisie a doublé.