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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/342

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Ce que le monde catholique doit à la France


I. LA FRANCE AU BERCEAU DE L’ÉGLISE

CROISADES ET PROTECTORAT

LES ROIS TRÈS CHRÉTIENS

On a dit fréquemment ce que la France doit au catholicisme : ceux-là seuls l’ignorent encore qui veulent l’ignorer. L’heure d’histoire que nous vivons nous commande d’indiquer, inversement, ce que le monde catholique doit à la France. Dans l’univers en armes, quelques nations se rencontrent, dont les chancelleries s’affirment toujours neutres ; mais partout les cœurs ont commencé d’opter. L’option de certains catholiques « neutres » est parfois douloureuse pour nous : leur presse, leurs manifestations, leurs silences semblent attester qu’entre la France qui ne suivit pas Calvin et la Prusse qui suivit Luther, c’est vers celle-ci qu’ils inclineraient. Nous osons croire qu’un regard sur quelques pages de notre passé, sur quelques traits de notre génie, leur persuaderait de réviser leur jugement : au nom de l’équité, au nom de la communauté de foi, nous espérons de leur impartialité ce début de résipiscence.

Ils pourront continuer de dénoncer nos fautes et d’accuser nos péchés : tout homme est pécheur et tout peuple est pécheur.