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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/336

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Parvenu à hauteur de la Marseillaise, il stoppe et met à la mer une embarcation qui amène un officier d’état-major avec des timoniers-télégraphistes. On imagine avec quel enthousiasme ils furent accueillis ! La jonction entre les deux flottes amies s’opérait à distance. Mais ce fut seulement à deux heures trente que l’amiral Rouyer reçut avis de se conformer aux dispositions du plan élaboré en prévision de la coopération à laquelle la violation de la Belgique par l’Allemagne entraînait l’Angleterre.


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Ce plan comprenait trois parties. L’une, applicable à la Méditerranée, dont nous n’avons pas à nous occuper ici. Les deux autres concernaient la défense du Pas de Calais et de la Manche occidentale. Tombées en désuétude par suite de la marche des événemens, il n’y a plus aucun danger à les publier. Voici la première, dont la rédaction remonte au 23 janvier 1913 : « Dans le cas d’une alliance avec le gouvernement français dans une guerre avec l’Allemagne, — et nous avons vu combien cette alliance était loin d’être conclue, aussi malheureusement pour les Anglais que pour nous, — la marine britannique prendra la responsabilité de défendre le Pas de Calais, à la fois de jour et de nuit, contre le passage des navires ennemis. Les bâtimens anglais employés à cet effet seront : une flottille de contre-torpilleurs et deux flottilles de sous-marins basées sur Douvres, avec leurs petits croiseurs annexes.

« La marine française soutiendra cette opération au moyen de flottilles de sous-marins basées sur Calais et Boulogne ainsi que des bâtimens de la défense mobile. Les bâtimens de la défense mobile limiteront leurs opérations au voisinage de leurs propres côtes, en dedans des bancs du Dyck, à l’Est de Calais. Les sous-marins français opérant depuis Calais ou Boulogne surveilleront la ligne Cap Gris-Nez, banc du Varne. »

La seconde partie du plan est datée du 10 février 1913. Avec le même protocole que la précédente, elle prévoit que la protection de la Manche occidentale sera placée sous le commandement d’un amiral français disposant des forces suivantes : (bâtimens français) 6 croiseurs cuirassés, 2 croiseurs protégés, des paquebots réquisitionnés, 3 escadrilles de 6 contre-torpilleurs, 1 escadrille de torpilleurs basée sur Cherbourg, 2 escadrilles de 6 grands sous-marins, 1 escadrille de petits