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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/329

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accompli comme la chose la plus simple du monde. Ainsi que Collingwood, l’illustre second de Nelson, mais, sans que le combat soit venu couronner ses longs efforts, il a tenu pendant près d’une année le blocus au large d’Ouessant. « A commandé durant huit mois la surveillance en Manche occidentale, dur et pénible service dans une région constamment battue par les mauvais temps d’hiver pu menacée par les sous-marins allemands. Grâce à son expérience de marin, ainsi qu’à son habileté, a rempli très efficacement sa difficile mission, sans une perte ni un accident causé par la mer ou par l’ennemi » — dit sa citation à l’ordre de l’armée.

L’un commandant en chef et l’autre en sous-ordre, ils avaient donc la redoutable charge de « défendre par les armes le passage de la flotte allemande ». Or, nos forces consistant surtout en flottilles de torpilleurs et de sous-marins, il était évident que leur meilleure utilisation consisterait à les grouper dans l’endroit le plus resserré de la Manche, c’est-à-dire dans le Pas de Calais lui-même où, collées contre terre, elles attendraient l’ennemi, qui, ailleurs, passerait plus facilement par mailles. Quant aux croiseurs, ils feront masse comme ils pourront. C’est pourquoi, à peine hors des passes, la Deuxième escadre légère met le cap sur Griz-Nez, à toute la vitesse que permet sa suite de sous-marins. Le point à atteindre reste à 360 milles de l’embouchure de l’Elbe, et à 150 de Cherbourg. Si les Allemands sont partis dans la nuit, ils ne peuvent guère se présenter que tard l’après-midi. L’amiral Rouyer a donc le temps de les devancer, et de préparer son plan. Mais la compréhension de ce dernier supposant une connaissance préalable de la zone des opérations, il ne sera pas hors de propos de commencer par en donner un aperçu.


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Qui consulte une carte nautique pour la première fois, est tenté de prendre la terre pour la mer, et réciproquement. Cela tient à ce que, contrairement aux cartes géographiques, les parties terrestres s’y montrent presque vides d’indications, sauf sur le littoral où sont marqués les points de reconnaissance, ou « amers, » qui servent à la navigation. Ici, c’est sur les espaces réservés à la mer que se pressent les signes et annotations, chiffres, contours pointillés ou caractères minuscules : les