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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/275

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derrière [1]. On n’a pas cru devoir adopter les grands paniers.

« Mme Carion sort d’ici : on porte du crêpe, des gazes brochées et unies, des taffetas moirés. On met à ces dernières robes des garnitures de blonde de soie. Elle le fera les modèles des robes dont nous sommes convenues. Elle avait grand’peur que je la quittasse pour prendre Mme Germond qui a la vogue plus que jamais… »

Le 2 thermidor (21 juillet) elle écrit : « Je le dois les détails de l’emploi de mon temps depuis mon arrivée. J’ai été à Paris mercredi de bonne heure. Je fis vite une toilette du matin pour faire les visites dues. Je commençai par Mme Soult qui me reçut, comme de coutume, très bien, qui ne cessa de me demander de tes nouvelles et qui me pria de la rappeler à ton souvenir. De là nous fûmes à Villiers [2], nous ne trouvâmes personne. Nous revînmes à. l’hôtel rue Cerutti [3] ; personne : nous fûmes chez la princesse Louis [4], personne. Je rentrai chez Mme Caillat qui nous avait prêté son appartement [5]. Le soir, je fis une grande toilette pour Saint-Cloud. Je ne fus pas plus heureuse. L’Empereur était parti à deux heures après midi et l’Impératrice était incommodée. Nous revînmes donc Saint-Cyr et moi nous coucher… Jeudi je me remis en route, par un temps affreux, pour Villiers. A moitié chemin, je rencontrai M. Fajac qui venait d’avoir une audience du général Murat dont il ne paraissait pas bien satisfait. Je ne lui dis qu’un mot, nous avions chacun nos affaires en tête. J’arrivai donc et fus de suite introduit chez la princesse. Elle était dans son lit, malade d’un commencement de grossesse, à ce qu’elle croit [6]. Elle m’a parfaitement reçue, m’a proposé, lorsque je serais bien reposée, d’aller passer un mois avec elle. Ensuite nous avons entamé la conversation sur loi. J’ai parlé du désir que tu aurais de venir à Paris, non pas en retirant ton mari de la

  1. On renonça aux boucles et aux barbes, lesquelles furent reprises à la cour de Louis XVIII, mais on adapta au décolleté de la robe la chérusque qui semble un ressouvenir de la cour des Valois.
  2. La maison de campagne du maréchal Murat, Neuilly-Villiers.
  3. L’hôtel Thélusson, au bout de la rue Cerutti, actuellement Laffitte.
  4. Rue Cerutti. L’hôtel actuellement occupé par la banque Rothschild. Je crois qu’elle est y est déjà installée bien qu’il n’ait été acheté que le 13 prairial (juin 1804).
  5. Rue Neuve-des-Petits-Champs, 99.
  6. Elle accouche le 22 mars 1906 de l.ouise-Julie-Caroline, mariée en 1825 au comte Rasponi, morte à Ravenne en 1889.