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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/273

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Du Consulat à l’Empire – Lettres d’une mère à sa fille


II. PRÈS DE LA PRINCESSE CAROLINE [1]


Comment la transformation du Consulat à vie en empire héréditaire fut envisagée par le général et par Mme Carra Saint-Cyr, on est assez embarrassé pour le dire, car, durant six mois, la correspondance est interrompue, puisque la mère est près de la fille et qu’on n’a point les lettres de Saint-Cyr à sa femme. Toutefois, l’on peut s’en faire quelque idée par une lettre qu’il écrit à Constance, le 16 prairial an XII (5 juin). Saint-Cyr a invité sa femme à quitter Milan, à rentrer à Paris, toute affaire cessante. Il lui a envoyé des passeports du grand juge, qui ont dû lever tous les obstacles, pour elle, pour Devaux et pour leur suite. « Tu as sûrement apprécié, ma chère Constance, écrit-il, les raisons qui m’ont fait insister auprès d’Armande. La situation de notre fortune et ton intérêt même étaient de puissans motifs. D’ailleurs, la manière dont la chose s’est passée est extrêmement flatteuse pour ta maman [2]. Elle t’aura

  1. Voyez la Revue du 1er novembre.
  2. Point de détails à ce sujet. Murat a quitté l’Italie pour venir présider le Collège électoral du département du Lot, qui l’a élu au Corps législatif ; mais il n’est pas resté longtemps député. Bonaparte en fait le gouverneur de Paris, un maréchal d’Empire, un grand-amiral, un prince, une Altesse, puis une Altesse impériale. Il a vu sans doute Saint-Cyr et lui a fait des propositions pour l’entrée d’Armande dans la maison qu’on formera à la princesse Caroline.