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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/895

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Procida, qui était alors près du roi d’Aragon, et les vêpres n’ont aucunement servi de signal.

Je vous dis cela pour vous mettre à l’aise et vous donner de la latitude.

Il y a un point sur lequel je ne suis pas encore décidé : vous m’aiderez.

L’histoire dit que Jean Procida, qui était fils d’un médecin et médecin lui-même, avait été outragé, dans sa femme.

On pourrait supposer que cette femme aurait été violée par Charles de Montfort, qu’elle en aurait eu un enfant, que Procida aurait accepté comme sien, pour cacher sa honte ; mais il sait parfaitement qu’il n’est pas de lui. C’est notre ancien Henri de Bruges, qu’il élève dans la haine des Français et surtout de Charles de Montfort, et il lui met le poignard à la main pour tuer son propre père.

C’est bien sicilien. Ce serait parfait dans un drame ; je ne sais si à l’Opéra, où tout doit être simple, cela ne compliquerait pas trop l’action. C’est cependant bien. Dans ce cas, Helena serait la sœur du jeune Frédéric, celui qui avec son ami Conradin a été décapité par Charles d’Anjou et les Français.

Dans l’autre manière, qui est notre ancienne, Henri de Bruges serait Luigi di Torella, fils d’une noble dame de Sicile, n’importe laquelle, et Helena pourrait être tout uniment la fille de Procida. Voyez et décidez.

Au premier acte, je ne fais pas les Français si odieux qu’étaient autrefois les Espagnols ; ils amusent les Siciliens par des bals et des fêtes, et Procida, qui voudrait les pousser à la révolte, ne trouve pas ses compatriotes assez furieux.

Au deuxième acte, il y a une fête, une solennité, où doivent se trouver les plus jolies filles de Palerme ; il en prévient par dessous main les Français, excite leur convoitise, et dans ce second acte, au milieu d’une fête à la Madone, d’une fête où se trouvent une douzaine de fiancées, je suppose l’enlèvement des Sabines en Sicile. Pour ce coup les Siciliens sont furieux ; Procida attise leur vengeance, développe ses projets et il est résolu qu’on tuera Charles de Montfort et les Français, dans un bal qu’il donne le lendemain à Palerme. C’est au milieu de ce final que Henri de Bruges est arrêté et conduit au palais de son père.

Au troisième acte, déclaration du père au fils ; horreur de celui-ci ; bal, — comme je vous l’ai expliqué plusieurs fois, je