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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/516

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La rive gauche du Rhin


I. LA RÉSISTANCE A LA CONQUÊTE (1815-1848)

Après 1815, tandis que les États du Sud de l’Allemagne continuaient à vivre de leur existence nationale et s’isolaient dans leur particularisme, la rive gauche du Rhin [1]dut subir les conséquences du démembrement que lui avaient imposé les puissances. Partagée entre la Prusse, qui en reçut la plus grosse part, la Bavière, la liesse et l’Oldenbourg, elle cessa d’obéir à un souverain unique. Or, les Rhénans, par des actes solennels, s’étaient donnés à nous sans esprit de retour. Le 21 mars 1793, la Convention rhéno-germanique de Mayence avait voté à l’unanimité l’annexion à la France. Une délégation, présidée par Forster, avait été chargée de porter cette résolution à Paris, où elle fut reçue le 30 du même mois. Puis des revers militaires avaient fait ajourner la réunion. Mais après de nouvelles victoires, la question s’était posée encore une fois, et, en 1795, de nouvelles adresses avaient réclamé

  1. Je comprends dans cette étude la région de Düsseldorf, sur la rive droite : elle fait partie de la province prussienne ; très pénétrée par l’influence française, elle a appartenu avant 1814 au grand-duché de Berg.