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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/194

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détruite. Sur le pupitre, des fleurs ou des plantes vertes, selon la saison ; aux murs, de belles gravures représentant des scènes militaires, avec un faisceau de drapeaux des Alliés ; et, bien en face des élèves, les portraits de nos grands chefs militaires, surmontés du drapeau national largement déployé. Si vous jetez un coup d’œil dans le tunnel contigu, vous voyez une vaste chapelle, longue de 50 mètres environ, dont l’autel est au fond et où des rangées de caisses à Champagne, placées debout, servent de sièges aux fidèles. Le dimanche on y dit la messe pour les soldats et les civils du quartier : le cardinal Luçon vient parfois y officier.

Au-dessus, la plus grande partie du cellier est occupée par un cantonnement, et l’autre sert de salle de récréation aux élèves. Pouvait-on trouver un meilleur endroit que cette maison allemande, pour y réaliser, en face de l’ennemi, par le rapprochement des services, l’ « union sacrée, » sous l’égide de l’armée ?

Installée à peu près de même, l’école « Maunoury » occupait, jusqu’en août 1916, à la maison Pommery, trois vastes « tunnels » sis à 4 mètres sous terre : un pour la classe proprement dite, un pour les jeux, le dernier pour les exercices gymnastiques. La maîtresse elle-même habita toujours les caves où logeaient d’ailleurs tous ses élèves et leurs familles, car la grande proximité des lignes ne permettait pas de recevoir des enfans du dehors. Elle s’était aménagé un « appartement » dans un petit couloir non loin de son école et vécut là deux longues années, ne sortant que rarement : dure épreuve dont sa santé out beaucoup à souffrir.

Ce n’était pas précisément une « école de caves » que l’école « Dubail, » puisqu’elle était simplement installée en sous-sol, à l’extrémité d’un bas cellier protégé par trois plates-formes de ciment armé et par l’exhaussement du terrain qui l’entoure. Elle prenait un jour d’ailleurs insuffisant par huit petits soupiraux de 50 centimètres de côté et communiquait directement avec trois caves superposées dont la plus basse n’était pas à moins de 12 mètres de profondeur. Elle se composait d’une grande salle d’environ 60 mètres de long sur 20 de large, sise à 3 m. 50 au-dessous du niveau du sol, et séparée par une bâche notre du cantonnement voisin. Les quatre classes qui y étaient installées occupaient chacune un angle, sans que, grâce à une